7e dimanche du temps ordinaire, année A

Publié le par Père Jean-Christophe Cabanis

Lévitique 19,1-2.17-18 ; Psaume 103(102),1-2.3-4.8.10.12-13 ; 1Corinthiens 3,16-23 ; Matthieu 5,38-48

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« En opposant la haine à la haine, on ne fait que la répandre,
en surface comme en profondeur » Ghandi

Ce discours sur la montagne n’est vraiment pas facile. Tendre la joue gauche quand on a été frappé sur la droite, aimer ses ennemis… Et puis cette finale qui vise la perfection : « Vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait ». Cela nous parait hors d’atteinte. Mais dans cette parole de Jésus, ce qui est important, c’est la référence au Père céleste. Être parfait tout seul, nous n’y arriverons pas. Mais sachant que notre Père du ciel est parfait et qu’il va nous aider à l’être, cela paraît plus envisageable. C’est le Père qui nous donne la perfection, on peut aussi l’appeler la sainteté. Et Celui qui nous met sur le chemin de la sainteté et de la perfection, c’est Jésus, le Fils qui nous révèle qui est notre Père. Dans le discours sur la perfection qu’il nous donne aujourd’hui, on peut le reconnaître lui-même : C’est son portrait au moment de sa Passion. Il a été giflé par les soldats. Il ne s’est pas défendu, il a juste posé la question : « Si j’ai mal parlé au grand-prêtre, montre-moi en quoi ; si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? » Et auparavant, il avait empêché Pierre d’utiliser son glaive pour le défendre lors de son arrestation. Ensuite, on lui prend son vêtement. Et sur la Croix, Jésus va pardonner à ses bourreaux. C’est parce que Jésus traversera ces situations qu’il peut en parler. Il ne fait pas de théorie, il s’appuie sur du réel, sur le témoignage de sa vie, du don de soi plus fort que la violence et la haine. De l’amour plus fort que le mal et la mort. Jésus donne un discours sur la non-violence basé sur la fraternité. Nous avons tous le même Père, alors nous devons vivre la fraternité coûte que coûte.

Paul nous donne un autre argument pour nous aider à vivre ces commandements qui semblent si difficiles comme d’aimer ses ennemis : Il nous dit que nous sommes des sanctuaires, que nous appartenons au Christ et que le Christ est à Dieu. Ce qui est le plus important, c’est de se rapprocher toujours plus du Christ, de communier à son Corps et à son Sang, de vivre de son Eglise comme nous le faisons aujourd’hui, de se nourrir de sa Parole. Alors, nous lui ressemblerons, car il pourra agir à travers nous. Jésus est l’image du Père et nous sommes crées à l’image de Dieu. Cette image de Dieu qui est en nous depuis notre conception, Jésus nous aide à la restaurer quand elle est un peu enfouie, à lui redonner tout son éclat.

Oui, que notre vie dans le Christ et en Eglise nous aide à grandir dans l’amour de l’autre quel qu’il soit. A dépasser la logique de la vengeance ou même de l’indifférence. A être dans une logique de pardon, de miséricorde, de non-violence, de fraternité qui dépasse les frontières, les différences.

On insiste aujourd’hui sur le vivre ensemble, il y a des élections à l’horizon dont on parle beaucoup et dont on remue surtout l’écume. Les évêques de France nous invitent à aller plus en profondeur, à retrouver le vrai sens du politique, qui est de gérer tous ensemble le bien commun et de ne pas oublier la fraternité avec l’égalité et la liberté. De ne pas oublier les migrants et les plus faibles, mais aussi l’environnement car la Création est un don de Dieu et nous devons avoir un rapport fraternel avec toute créature.

Le temps du Carême qui s’approche nous aidera à faire des efforts ensemble de partage et de prière pour suivre ensemble Celui qui nous précède et nous aide dans notre dignité de fils et de filles de Dieu, héritiers du Royaume.

Père Jean-Christophe Cabanis

Publié dans Mots du curé, Dimanche

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