Paroisse Colomiers

7e dimanche du temps ordinaire, année C, 24 février 2019

Que de force dans cet évangile ! Nous sommes au cœur de notre foi chrétienne, au cœur de la foi appliquée à la vie. Jésus vient de passer la nuit à prier dans la montagne, c’est là qu’il a appelé ses douze apôtres et en descendant, il formule ce discours qui a tant de force. « Aimez-vous les uns les autres » ! C’est l’originalité de la foi chrétienne, c’est aussi sa difficulté. Par définition, c’est très difficile, voire impossible d’aimer ses ennemis. Pourtant, c’est la seule façon d’enrayer la violence dans le monde qui est trop violent. Il faut changer de registre pour désarmer l’autre. Il ne faut pas désarmer l’autre par la force physique ou verbale mais par la force d’amour. David illustre très bien cela dans le récit que nous venons d’entendre. Il épargne Saül qui voulait l’éliminer. Et il deviendra un bon roi, contrairement à Saül qui était cruel. Rendre le bien pour le mal, David l’avait déjà compris, lui l’ami du Seigneur.  Jésus nous invite à nous dépasser. Il ne suffit pas d’aimer ceux qui nous aiment, il faut aller plus loin, sortir de son petit cercle, élargir nos relations, non pas par mondanité mais dans un esprit de fraternité. Jésus invite à la largesse, à la générosité. Il faut prêter sans rien espérer en retour, donner, pardonner. Et ainsi, nous serons dignes d’être les fils et les filles du Très-Haut. S’il y a un Très-Haut, c’est pour nous élever. Ce mode de vie, en contradiction avec l’esprit du monde qui incite plus au repli sur soi, ce mode de vie nous élève. Il s’agit d’imiter notre Père du ciel. Comme nous sommes ses enfants, il nous apprend à vivre comme Lui. Nous croyons en un Dieu d’amour, et le terme qui le caractérise le mieux, c’est le mot « miséricordieux ». Il englobe l’amour le plus fort et le pardon. « Soyez miséricordieux comme votre père est miséricordieux » nous dit Jésus. Nous croyons en un Dieu Père qui exerce la miséricorde sur nous-mêmes, qui nous pardonne, qui nous relève lorsque nous tombons, qui nous tient la main. C’est à partir de notre expérience que nous pouvons vivre en fils et filles du Très-Haut et exercer la miséricorde à notre tour.

Jésus nous invite encore à ne pas juger, à ne pas condamner. On peut juger des actes mais pas des personnes, c’est réservé à Dieu. Jésus nous invite au don et au pardon sans réserve. Qui sont d’ailleurs avantageux car si nous donnons, on nous donnera encore plus. Si nous pardonnons, nous serons aussi pardonnés. Et nous faisons cette expérimentation que lorsqu’on donne de son temps, de sa personne, on reçoit encore plus dans son cœur.

St Paul aussi nous invite à lever les yeux vers le ciel, à n’avoir pas que des attitudes terre-à-terre. Nous sommes créés d’argile mais nous sommes recréés par le Christ qui vient restaurer l’image de Dieu qui est en nous mais parfois enfouie. Nous avons une dimension spirituelle. Nous pouvons puiser dans la prière, dans la Parole de Dieu pour élargir notre cœur. Pour voir en l’autre non pas un ennemi, non pas quelqu’un qui nous indiffère, mais un frère, une sœur à aimer. Sachons développer notre dimension spirituelle, en particulier durant le Carême qui se rapproche, pour pouvoir participer à un monde plus uni, plus fraternel, un monde qui s’élève vers son Créateur, un monde de paix.

Père Jean-Christophe Cabanis
1 S 26, 2.7-9.12-13.22-23 ; Ps 102 (103), 1-2, 3-4, 8.10, 12-13 ; 1 Co 15, 45-49 ; Lc 6, 27-38

 

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Jean-Claude Bambele 23/02/2019 22:17

Merci au père Jean Christophe pour la régularité de ses homélies la veille.
Jean-Claude

Jean-Claude Bambele 23/02/2019 22:16

Grand merci au père Jean Christophe pour la régularité de ses belles homélies dominicales. Un grand support pour ma prédication.
Jean-Claude, prêtre
Belgique