Paroisse Colomiers

40e anniversaire du baptême

J’ai été baptisée et confirmée au Vietnam depuis 40 ans.

Avec l’âge, je prends conscience qu’une vie personnelle est influencée par son contexte, où Dieu peut aussi agir pour la croissance spirituelle de la personne.

Ainsi pour moi, le fait que je sois née à Saigon, dans le Sud du Vietnam à jouer un grand rôle dans ma conversion.

A peine, 3 ans après ma naissance, le Vietnam a été divisé en deux par les accords de Genève. La  guerre entre le Sud et le Nord du Vietnam, entre les communistes et les américains. Tout cela était très compliqué et très douloureux ! Cela me dépasse.

Aujourd’hui, je voudrais seulement vous dire que  durant mon enfance et mon adolescence, l’angoisse, la peur m’ont amenée à parler à Dieu directement et profondément. Ce Dieu - là c’était le bouddha, pour moi.

Donc le passage de Bouddha à Jésus dans ma vie, pourquoi ? Comment ? L’événement m’a fait bouger, m’a fait aller vers le baptême, c’était la réunification du Vietnam en un seul Etat communiste en 1976. Qui aurait pu penser que Dieu allait utiliser ce changement de mon pays natal pour m’inviter à aller vers lui ?

  • Comme j’étais dans l’enseignement supérieur du Sud, sous l’ancien régime politique, j’ai été obligée de suivre une formation d’endoctrinement qui a duré pendant 2 ans, débouchant sur un examen-écrit. Une chose étrange : à travers cette formation, et ce qui s’était passée en ce moment-là dans la société, j’ai découvert la solidarité chez les chrétiens. Donc j’allais à la messe en essayant de comprendre qui était leur  Dieu, et pourquoi ces chrétiens étaient-ils si courageux ? D’ailleurs, les chants joyeux à la messe m’enlevaient les soucis, les tristesses causées par le changement du régime politique. La messe était un vrai lieu de refuge, un grand réconfort pour moi.
  • L’ambiance politique du Vietnam à cette époque m’a amenée à visiter régulièrement le carmel qui se trouvait pas loin de chez moi. Là, une jeune carmélite de ce couvent m’aidait à apprécier le silence et le calme. Ses salutations, ses simples mots me touchaient. Le désir d’être totalement à Dieu comme elle me saisissait  jour après jour, toujours un peu plus à partir de là. Cette idée me revenait souvent. Pour devenir comme elle, il me fallait le baptême.
  • Pendant le temps de la formation endoctrinant, j’ai fait la connaissance d’un militant communiste. L’affection que j’ai eue pour lui dans mon cœur, les discussions avec lui sur son idéologie marxiste-léniniste, m’ont incité à aller encore plus régulièrement à la messe pour retrouver la paix intérieure. Plusieurs fois, ce communiste m’a demandé si j’étais chrétienne. Un beau jour il m’a déclaré son amour auquel j’ai répondu non, une grande souffrance et aussi une grande paix en moi... que je ne m’expliquais pas... Mais je me sentais libre, vraiment libre...

Ces alternances joie, peur, tristesse me parlaient beaucoup et me questionnaient, me mettaient en mouvement.

Et ce qui devait arriver, est arrivé : Un jour du mois de mai 1979, je suis allée demander le baptême. Lors de mon premier entretien avec le curé, franciscain, il m’a dit qu’il m’avait vue à la messe depuis quelques années, il se demandait qui j’étais,  pourquoi j’allais régulièrement à la messe et qu’il priait pour moi. Quant à moi, j’ai senti joie et paix dès la 1ère rencontre avec ce prêtre. Pour préparer le baptême, un rendez-vous avec lui, 1h / jour sauf le dimanche. Souvent je lui ai raconté ce que j’ai appris pendant la formation endoctrinant, il m’a écoutée en souriant. Notamment, quand je lui ai parlé des choses concernant la doctrine qui gouverne le Vietnam, en faisant le lien avec la Parole de Dieu, il a éclaté de rire. Il m’a dit de laisser agir  Dieu en moi. A ce moment-là, je ne comprenais pas grand-chose, mais maintenant après 40 ans, je comprends un peu plus ce que disait le Père Jean Bosco Dinh.

 

C’est donc la joie, le goût de la vie de la liberté qui m’ont conduite au baptême. Et pour la suite ? Quelques petites choses surtout de la reconnaissance envers des personnes qui ont accompagné sur ma route de chrétienne depuis 1979...

 

Arrivée en France au jour de la fête de l’Annonciation, le 25 mars 1983, installée au cœur de Colomiers, je vous remercie, vous qui m’avez accueillie, ce qui m’a permis d’avoir une nouvelle vie ordinaire. Une vie où j’essaie de prier sans relâche, et de laisser la place au Seigneur dans toutes mes actions, comme St Paul a dit : « ce n’est pas moi qui vis mais que c’est le Christ qui vit en moi ».

Je rends grâce de mon baptême et aussi de la fidélité de Dieu au cours des années.

Merci à ma famille de sang.

Merci : père Charles, Odette, Annie et Jacques, et Jocelyne.

Merci aux prêtres invités.

Merci à ceux de m’avoir aidée à préparer l’apéritif dinatoire qui nous attend au 85 rue Gilet, après cette messe.

Enfin, mes chers amis, à votre tour, je vous lance un appel : essayez de relire votre vie à la lumière de la foi et de la Parole de Dieu, puis partagez votre vécu avec nous, votre communauté paroissiale. De cette manière-là, nous rendons grâce à Dieu ensemble et nous formerons davantage  un corps de louange pour honorer la très Sainte Trinité, qui nous aime tous. Amen.

Claire, 11 août 2019

 

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