Paroisse Colomiers

Ascension, année A

Nous sommes dans l’année A où nous entendons surtout l’évangile selon St Matthieu. Et aujourd’hui nous venons d’entendre la fin de son évangile. A la fin de l’évangile de St Marc il y a la même scène mais avec aussi la montée au ciel de Jésus, son Ascension, qui est décrite. St Luc l’a décrit aussi dans l’évangile et dans les Actes des Apôtres que nous venons d’entendre.

Dans St Matthieu, cette dernière scène est un envoi puisque Jésus envoie ses apôtres pour l’annoncer, baptiser en son nom, jusqu’aux extrémités de la terre. La fin de l’évangile renvoie au début : L’ange avait dit à Joseph que l’enfant qui allait naître du sein de Marie serait appelé « Emmanuel », c’est-à-dire « Dieu avec nous ». Et là, Jésus dit à ses apôtres, à nous, qu’il est avec nous jusqu’à la fin du monde. De même au moment de la naissance de Jésus, les premiers qui sont venus l’adorer, venant de loin, ce sont les mages, venus d’un Orient mystérieux. N’étant pas de la religion juive, leur présence signifie que Jésus est venu pour tous les hommes. Et Jésus envoie ses apôtres jusqu’aux extrémités de la terre. Pas seulement vers l’Orient, mais aussi vers l’Occident, vers toute la famille humaine dispersée qui a besoin de connaître le Sauveur.

Jésus ressuscité a donné rendez-vous à ses amis en Galilée, sur une montagne. La Galilée des nations où Jésus a captivé les foules par ses paroles et ses guérisons, la Galilée n’est pas Jérusalem avec son Temple. Car le Temple, il est en chacun de ceux qui seront baptisés « au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ». Quant à la montagne, elle apparait souvent dans l’évangile de St Matthieu comme dans toute la bible. Elle est un lieu de révélation. Un lieu qui permet de s’élever pour mieux se projeter. Sur cette montagne de Galilée, Jésus se révèle bien vivant, ressuscité, à ses onze apôtres qui sont encore dans le doute. Il les fortifie et leur confie cette grande mission de l’annoncer à toute la terre. Et il les conforte : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre ». Ce pouvoir, il le partage à ses apôtres, à nous. C’est le pouvoir de faire du bien, le pouvoir de repousser le mal. C’est le pouvoir de l’amour.

Alors ce n’est pas qu’un pouvoir terrestre comme l’auraient souhaité les apôtres qui lui demandent dans le récit des Actes : « Seigneur, est-ce maintenant le temps où tu vas rétablir le royaume pour Israël ? » Jésus a toujours parlé du Royaume des Cieux, un royaume qui n’est pas de ce monde mais qui commence dès ici-bas. C’est de ce royaume dont nous sommes les rois et les reines, les ambassadeurs, par notre baptême. Ce pouvoir, il agit d’abord dans nos cœurs. Acceptons d’être habités par le Christ vivant, d’être irrigués par son Esprit d’amour, pour que toute notre vie soit tournée vers le Père.

Ce pouvoir, il agit par l’Eglise par qui Jésus, invisible mais bien présent, agit. C’est le pouvoir d’aimer et le pouvoir de s’élever. L’Ascension, c’est un mouvement que Jésus ressuscité veut impulser à toute l’humanité, il veut l’attirer vers son Père. Nous dénonçons souvent nos pesanteurs, les pesanteurs de notre monde lorsque l’argent domine, ou toutes nos préoccupations matérielles. Il ne s’agit pas de s’extraire du monde mais de lui permettre de s’élever. Le confinement était géographique, on ne pouvait pas sortir de chez soi pour la plupart. Mais le confinement n’empêchait pas l’ouverture vers le ciel et pour beaucoup, il a permis une vie spirituelle plus forte. Continuons à laisser toujours plus de place à l’Esprit-Saint dans nos vies, à permettre à notre monde de respirer avec ce souffle d’amour, à participer au Royaume des Cieux, à communiquer cette bonne nouvelle au monde que Dieu est avec ses enfants jusqu’à le fin du monde.
P.Jean-Christophe Cabanis

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