Le temps de l'Avent

Publié le par Père Jean-Christophe Cabanis

Pourquoi notre pape répète-t-il que "…le temps est supérieur à l’espace" ? Il dit aussi que " … l’unité prévaut sur le conflit, que la réalité est plus importante que l’idée, et que le tout est supérieur à la partie". Écoutons-le dans Evangelii Gaudium (2013 - EG 222-225) : "Ce principe (du temps supérieur à l’espace) permet de travailler à long terme sans être obsédé par des résultats immédiats… Donner la priorité au temps, c’est s’occuper d’initier des processus plutôt que de posséder des espaces. Le temps ordonne les espaces, les éclaire et les transforme en maillons d’une chaîne en constante croissance, sans chemin de retour. La parabole du grain et de l’ivraie (Mt 13,24-30) décrit un aspect important de l’évangélisation qui consiste à montrer comment l’ennemi peut occuper l’espace du Royaume et endommager avec l’ivraie, mais il est vaincu par la bonté du grain qui se manifeste en son temps."

Le temps de l’Avent, c’est celui de l’attente active. Attente de Celui qui vient dans nos vies, dans notre monde, pour nous faire du bien, pour nous sauver. Attente avec l’aide d’Isaïe et de Jean-Baptiste qui nous disent, un peu brutalement, que nous devons rendre droits nos chemins et nous convertir. Attente avec Marie qui était pleine de joie, d’appréhension aussi, avant de mettre au monde Jésus. Celui qui vient arrive comme un enfant, un nouveau-né. Jésus grandira, et ne brûlera pas les étapes avant de devenir adulte pour parcourir la Galilée et proclamer la Bonne Nouvelle du Royaume. Son Royaume qui n’est qu’une graine qui ne demande qu’à grandir pour devenir un épi de blé qui nourrira les hommes, ou un grand arbre qui les abritera.

Tous les instants de nos vies sont des trésors, du début à la fin, ne les négligeons pas. D’ailleurs il n’y a pas de fin ni de mort, il n’y a qu’un infini d’amour. Nos évêques nous invitent à bien considérer la politique dans leur dernier écrit : "Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique". Oui, il y a des échéances électorales, aux États-Unis et en France, et aussi ailleurs, qui nous préoccupent. Des hommes seront élus, pas seulement pour gérer des espaces, des territoires. Mais pour donner des perspectives, pour ouvrir un avenir pour tous, en particulier pour les plus jeunes. Notre rôle de chrétiens, en tant que rois et reines du Royaume, est de veiller sur le long terme en donnant un horizon d’amour, sans négliger l’immédiat.

Le temps, c’est aussi la surprise. Soyons prêts à accueillir les imprévus qui sont des signes du Seigneur dans nos vies. Et à vivre ensemble ce temps privilégié avec le thème retenu :

"Marchons avec joie vers Celui qui vient".                                                          

 Père Jean-Christophe Cabanis - Edito de l'Espace 85 du décembre 2016
image http://www.stnicolas.diocese.mc/uploads/images/event-142-33245.jpg

Publié dans Espace 85, Mots du curé

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article