Paroisse Colomiers

Voici votre Dieu, son bras lui soumet tout…

Nous sommes à la fin du temps de Noël et les textes nous rappellent encore l’Avent. En particulier le texte d’Isaïe où on retrouve ce que Jean-Baptiste dira : « Préparez les chemins du Seigneur… une route pour Dieu. Que tout ravin soit comblé… » Jean-Baptiste, nous le retrouvons dans l’évangile au sommet de sa mission. Lui qui préparait les cœurs par le baptême dans le Jourdain, par la conversion qu’il préconisait, il est témoin que Celui qui est plus grand que lui et qui vient après lui, il est bien là, il a vu l’Esprit descendre sur lui sous la forme d’une colombe. C’est ce même Esprit qu’il partagera avec ceux qui le suivront, avec les baptisés. Jean-Baptiste va se retirer, il est arrêté par Hérode, et Jésus va commencer sa mission. Une mission sous le signe de l’amour et de la joie, avec la voix du Père qui proclame : « Tu es mon Fils bien-aimé, en toi je trouve ma joie. » A partir de là, Jésus va proclamer que le Royaume des Cieux est tout proche, un Royaume d’amour, et toutes les paroles, toutes les guérisons qu’il opèrera seront sous le signe de l’amour et de la joie. Nous qui sommes baptisés, la joie et l’amour doivent être nos boussoles. Si nous n’avons pas une joie intérieure au fond de nous, si nos paroles et nos gestes ne sont pas guidés par l’amour, alors nous avons sûrement une remise en cause à faire par rapport à notre foi.

Il y a quelque chose de commun entre ces différents textes bibliques, c’est la présence du peuple. « Consolez, consolez mon peuple » dit le Seigneur au début du passage d’Isaïe. Dieu voit la misère de son peuple comme il l’avait vue du temps des Hébreux lorsqu’ils étaient esclaves des Egyptiens. « Le peuple était en attente » nous dit St Luc, et Jésus est là pour combler cette attente, attente de sens, de lumière, d’amour. Enfin St Paul nous dit que le Christ s’est donné pour nous, pour nous purifier et faire de nous son peuple « un peuple ardent à faire le bien ».

Le peuple aujourd’hui, ce n’est pas seulement le peuple de Dieu qui serait limité à l’Eglise, à la suite d’Israël. Le peuple, c’est la famille humaine. Jésus est venu la rassembler. Jésus est venu la consoler. Il voit les situations de détresse. Il se penche sur chacun et il s’adresse à tous et à toutes. Jésus est venu pour nous sauver, pour nous sauver tous ensemble, en peuple.

« Le peuple était en attente ». Aujourd’hui aussi le peuple, la famille humaine, est en attente, en attente de sens, de lumière. Et nous le voyons à travers les mouvements sociaux en France, mais aussi dans le monde. Le peuple est en attente, pas seulement de pouvoir d’achat ! Jésus est venu combler l’attente de fraternité, de partage, d’humanité, de spiritualité… Il la comble en se donnant à nous, en nous donnant d’avoir part à son Royaume, à sa divinité ! Il nous comble en comptant sur nous, il nous apprend à faire le bien à sa suite. Il fait de nous un peuple ardent, ardent à faire du bien, selon la belle expression de St Paul. C’est toute l’humanité qui est invitée à faire peuple, au-delà des frontières politiques ou religieuses. Et l’Eglise doit être un laboratoire de la construction du peuple. Un peuple en attente : nous ne pouvons jamais dire que nous sommes arrivés, que nous n’attendons plus rien. Notre quête de Dieu n’est jamais finie. Nous devons toujours redoubler d’imagination pour faire du bien, pour rejoindre ceux qui sont dans l’épreuve, sociale ou morale. Nous devons être des messagers, comme du temps d’Isaïe, et proclamer depuis la montagne : « Voici votre Dieu, son bras lui soumet tout… Comme un berger il fait paître son troupeau ». Soyons des messagers de cette Bonne Nouvelle, en Eglise, pour proclamer au monde en attente : « Voici votre Dieu ».

Père Jean-Christophe Cabanis

Merci à l'auteur de cette photo

 

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