"Car aime" et carrefours

Publié le par Père Jean-Christophe Cabanis

Pourquoi le Carême ? « Car aime » s’amusait à répondre un ami prêtre. Le Carême est une période plutôt austère de notre année chrétienne, c’est vrai. Il rappelle les quarante années passées au désert par le peuple hébreu avant d’atteindre la Terre Promise. Et aussi les quarante jours que Jésus a passés lui aussi au désert, juste après son baptême et avant d’entreprendre sa mission. Le désert n’est pas confortable, c’est le pays de la soif, mais Dieu étanche notre soif par sa Parole. C’est un lieu privilégié pour se retrouver soi-même, avec le Créateur et Père, avec aussi les autres chrétiens, en peuple, parce que la démarche collective nous porte. Le Carême est un temps de jeûne, c’est vrai, où nous devons nous demander, petits et grands, de quels plaisirs un peu égoïstes nous pouvons nous priver pour nous décentrer et nous recentrer à la fois sur le Christ notre guide, et sur les autres, qui sont nos frères et sœurs. C’est un temps privilégié pour la prière : si nous nous dépouillons de ce qui est superficiel dans notre vie, le Seigneur saura habiller notre cœur. C’est un temps de partage où nous nous tournons vers ceux qui sont proches, mais nous n’oublions pas ceux qui sont loin. Le CCFD, Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement, nous aidera dans ce sens. C’est bien l’amour qui est au centre, l’amour de Dieu, du prochain et de soi-même par la conversion, et nous nous préparons à accueillir le Christ ressuscité à Pâques qui a donné sa vie par amour pour nous.

Plusieurs propositions sont faites dans la paroisse : une semaine de prière accompagnée, l’adoration eucharistique (tous les mardis de 19h à 20h, à Ste-Bernadette, durant le carême) et le chemin de croix, et bien sur toutes les messes qui nous rassemblent et nous ressourcent. Au cours de ces messes, les baptisés du temps pascal, enfants et adultes, feront des étapes, sachons les accueillir fraternellement. Et puis il y a les carrefours par quartiers que nous préparons depuis quelque temps. Notre ville de Colomiers est grande, et chaque quartier a son identité, que la municipalité cherche aussi à valoriser. Notre démarche spirituelle peut être un complément à la démarche citoyenne. Il y a les quartiers, plus anciens comme « le village », et ceux qui se sont construits ces dernières décennies. Il y a le centre, les zones pavillonnaires, les cités ou les lieux d’habitat mixte, les zones plus commerciales ou industrielles. Il y a ces noms si originaux de Cabirol, Marots, Ramassiers, Bascule, En Jacca, Perget, Falcou, Fenassiers, Naspe, Sélery, Prat-Couderc, Parc Aéronautique…qui recèlent sûrement des mystères humains à découvrir. Nos voisins que nous ne connaissons pas bien, nous sommes invités à les rencontrer le temps d’une ou deux soirées, et pourquoi pas d’autres durant le temps pascal ? Inscrivons-nous rapidement pour rejoindre les groupes qui se constituent, invitons largement autour de nous. Que les paroissiens qui n’habitent pas Colomiers ne se sentent pas exclus mais rejoignent les groupes qui leur correspondront. N’oublions pas les jeunes parents et les personnes âgées pour choisir les meilleures plages horaires. Quant au contenu de ces rencontres, il y a le choix : à partir de textes écrits par le pape sur la non-violence ou la famille, ou les évêques de France sur la politique, en cette période d’élections. D’autres suggestions sont autorisées, comme un partage d’évangile… Faisons de ces carrefours des oasis d’eau vive !

Bon Carême à tous !                                                                                 

Père Jean-Christophe CABANIS - Espace 85 Février 2017

Publié dans Mots du curé, Espace 85

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