Paroisse Colomiers

Nous décentrer de nous mêmes, recentrons-nous sur Dieu et sur nos frères et soeurs

Un Carême qui réchauffe

Le Carême va bientôt arriver, c’est un temps toujours un peu intimidant par sa longueur, 40 jours, son aridité ou sévérité (temps de jeûne, de conversion). Pourtant, par expérience, nous savons que c’est un temps qui nous fait du bien, un temps de prière et de ressourcement en particulier avec la Parole de Dieu et la vie communautaire. Un temps spécial de partage, avec ceux qui, près de nous, sont en situation sociale difficile, mais aussi avec ceux qui sont plus éloignés, dans des pays en crise ou en souffrance chronique. Un temps un peu austère, c’est vrai, où nous ne faisons pas d’excès, en prévision de la belle fête de Pâques et du temps pascal où nous accueillerons la vie en plénitude, la promesse de la vie éternelle avec Jésus ressuscité.
Notre monde connait des inquiétudes et notre paroisse participe par sa réflexion et sa solidarité aux questions telles que le réchauffement climatique, l’accueil fraternel des migrants, la bioéthique… Notre planète a été créée pour que tout le monde en profite, or la grande majorité des hommes, des femmes, des enfants d’aujourd’hui n’a pas sa part de joie et de dignité. Quant aux générations à venir, il y a aussi de quoi s’inquiéter pour elles. Nous qui croyons que notre monde est sauvé par la résurrection du Christ, nous avons à nous rapprocher toujours plus du Seigneur, de sa sagesse, de son amour. Car il veut agir à travers nous qui sommes son Corps, ses membres.
Le Carême est pour nous une expérience de sobriété, mais de sobriété heureuse car nous marchons vers un horizon de joie et d’amour. Il est aussi une expérience de foi travaillée et partagée. Durant le Carême, nous accompagnons ceux et celles, adultes et enfants, qui vont être baptisés à Pâques ou durant le temps pascal. Ils ont tous des parcours, ou bien ceux de leurs parents, qui sont édifiants et que nous sommes invités à connaître pour reconnaître les signes de Dieu aujourd’hui. Notre Eglise s’agrandit, le souffle de Dieu est bien là qui nous réchauffe, mais d’un réchauffement qui ne nous fait pas peur puisqu’il nous sauve. Les migrants que nous accueillons, chrétiens ou pas, font grandir aussi notre cœur. Ils ont traversé des déserts pas seulement spirituels comme nous. Des déserts de soif et de faim réels, de solitude, de peur et de sentiment d’abandon. Et parfois d’indifférence en arrivant chez nous. Certains ont fait l’expérience d’un Dieu qui les accompagne. Sachons accueillir avec gratitude leurs expériences, ils ont à nous enrichir comme nous pouvons leur apporter notre aide, notre écoute et surtout notre fraternité. Que le Carême soit pour nous tous un temps d’amour renforcé dans nos familles, dans la grande famille de l’Eglise et dans celle de l’humanité ! Alors oui, cela vaut le coup de faire des "efforts de Carême" qui nous décentrent de nous-mêmes, qui nous recentrent sur Dieu et sur nos frères et sœurs, qui réchauffent nos cœurs !
                                                 J-Christophe Cabanis -
Edito de l'Espace 85, février 2018

 

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