Paroisse Colomiers

Le passage vers le «tout autre», le passage incontournable vers La gloire de l'humanité et le triomphe de Dieu.

« De même que le serpent de bronze
fut élevé par Moïse dans le désert,
ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé,
afin qu’en lui tout homme qui croit
ait la vie éternelle. » (Jn 3,7b-15)

L'évangile du jour fait penser au Vendredi Saint vécu dans notre paroisse : une paroissienne parmi les 120 personnes présentes au chemin de Croix a été inspirée... donc voici sa pensée : 

Merci à l'auteur de cette image
Tu es humilié, tu es rejeté, tu es nié dans ton être, abandonné par tes proches.
Tu es agressé, tu es insulté, frappé par cette masse de gens qui s'entraînent les uns, les autres dans la violence.
 
Tu es choisi pour porter cette croix, pour porter notre croix, pour porter ma croix, pour être la croix, la croix plantée pour expurger les tensions, les fièvres, les humeurs nauséabondes, nos peurs, nos doutes, les frayeurs de ce qui dérange, de ce qui tranche, de ce qui dévoile les contournements, les hypocrisies, les compromissions, les dévoiements, et qui met à jour chacune de nos faiblesses non avouées, nos fragilités, nos ténèbres, les gouffres vertigineux, ces parties cachées, les fosses obscures.
 
C’est toi qui es choisi, tu es accusé, justement, parce que tu n'as rien fait de mal et tu ne t’en défends pas. Tu ES, très humblement, et tu montres le chemin de l'amour et tu donnes de l'amour, tu transformes en amour toutes ces raideurs, tu les traverses, tu leur donne une autre vie, une fécondité.
 
Dans ces tensions, il faut que quelque chose se passe, « il faut que quelqu'un paye », pour supprimer ces convulsions, pour sublimer l'insupportable.
 
C'est toi qui es choisi, et tu vas prendre la croix, tu vas monter avec ta croix sur le dos et rencontrer ceux qui t'aiment, ceux qui veulent t'aider, celles qui t'ont toujours aimé et aussi ceux qui ne comprennent pas.
            Tu vas porter ta croix jusqu'au bout et tu ne reculeras pas devant tout l'effort que cela te demande. Et tu vas tomber, tomber, tomber encore une troisième fois, tu vas aller jusqu'au bout, jusqu'au bout de toi-même pour que ceux qui veulent voir, puissent voir ; la vérité, pour qu’ils voient qu'il y a autre chose que tu veux porter.
            Tu veux porter l'amour, que l'amour, tout l'amour, l'amour qui déborde, l'amour qui submerge, l'amour qui transcende. Tu es prêt à donner ta vie pour tous ceux que tu aimes pour l'humanité toute entière.
 
Et ils vont s’acharner, te dépouiller, ils vont t'enlever tes habits, se les partager, ils vont tirer au sort ta tunique. Ils vont violer ton intimité, tu seras nu, mis à mort, mis à nu.           
            Et quand le moment sera venu, ils vont planter les clous, pour t'accrocher à cette croix comme on épingle un insecte nuisible, vulgaire bandit avec les bandits, pour te prouver qu'ils te dominent, pour t'écraser puis t' exposer au monde comme un trophée et donner à voir qu'ils ont raison.
            En fait, dans leur fébrilité de pantins, leur triomphe sera le tien. En voulant montrer leur force, ils dévoilent leur étroitesse et leur médiocrité face à ta puissance de non-violence.
 
Et toi, tu sais que tout ce chemin est inexorable, qu’il fait partie de ton chemin, de ce chemin entre divin sacré et humanité, ce chemin qui mènera vers la lumière et servira de guide à toutes ces femmes et ces hommes qui veulent te suivre comme une étoile à travers les siècles.
            Et toi, tu sais que c'est le passage, le passage vers le «tout autre», le passage incontournable vers La gloire de l'humanité et le triomphe de Dieu. 
 
Geneviève le 19 avril 2019, après le chemin de Croix du vendredi Saint

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