Paroisse Colomiers

Dimanche du Christ Roi de l'Univers, année A

L’image du berger que donne le prophète Ezechiel est très biblique et très belle pour désigner le Seigneur. Il est le berger, celui qui s’occupe de tout le troupeau, des brebis en bonne santé comme des plus fragiles. Spécialement des plus fragiles. Il va chercher l’égarée, la soigne, la ramène au milieu des autres. Cette prophétie du berger correspond au Christ qui dira lui-même : « Je suis le bon berger… ». C’est sa façon d’être roi. Un roi qui est au service de son troupeau, de son peuple. Un roi qui rassemble, qui prend soin des plus petits. Qui marche devant, mais aussi à côté. Notre pape François aime lui aussi beaucoup l’image du berger. En parlant des pasteurs de l’Eglise, il dit qu’ils doivent connaître la bonne odeur du troupeau et parfois être derrière et non devant parce que le troupeau a beaucoup de bon sens pour savoir vers où il doit aller. C’est cette royauté du berger qu’il nous est offert de vivre de par notre baptême. Nous sommes au milieu de nos contemporains, dans cette famille humaine qui manque d’unité, de sens, où il y a beaucoup de blessés de la vie, de personnes égarées. Notre royauté nous pousse à être attentifs à tous, en particulier les plus petits.
Et l’évangile d’aujourd’hui nous bouscule encore plus. Jésus ne dit pas seulement qu’il faut aider ceux qui ont faim, soif, ceux qui sont, nus, étrangers, malades ou en prison, il dit que c’est lui-même qui est dans le plus petit, dans le plus pauvre. Cela nous fait regarder l’autre d’une façon complètement différente. Il n’est pas seulement un frère ou une sœur à aider ou à aimer, il est l’image de Dieu, c’est le Christ qui vit en lui ou en elle. La rencontre du Christ se fait à travers le plus pauvre. L’Eglise de France l’a bien réalisé ces dernières années en insistant sur le rôle diaconal de l’Eglise : Il y a eu le rassemblement DIaconia à Lourdes en 2013 où la parole a été donnée aux plus pauvres, car leur parole a autant de valeur que la parole de ceux qui savent très bien s’exprimer et qui ont eu plus de chance dans la vie. Nous faisons tous l’expérience que lorsque nous voulons aider quelqu’un, nous en ressortons enrichis. Nous faisons l’expérience de Dieu dans nos actes de générosité. Le Secours Catholique, dont c’était la journée nationale Dimanche dernier, veut combattre les préjugés sur les pauvres. Le seul préjugé que l’on doit avoir, c’est qu’ils sont des enfants de Dieu comme nous, qui n’attendent pas qu’on les juge mais qu’on les aide et qu’on les aime, et cela nous réserve sûrement de très belles surprises.
Aujourd’hui, il y a différentes pauvretés, toutes aussi préoccupantes : maladies, prison, soif de rencontres, de spiritualité, de sens, faim de pain mais aussi d’amitié, de considération. Il y a les étrangers. Ceux qui viennent et qui ont leurs papiers mais qui ont quand-même besoin d’être accueillis, qu’on s’intéresse à leur culture, leurs richesses, qu’on ne soit pas indifférents à leur parcours ; qu’on les invite chez nous, comme on aime être accueillis quand on va dans un pays étranger. Et puis il y a ceux qui n’ont pas de papiers, qui ont quitté en catastrophe un pays où ils ne peuvent plus vivre mais dont le droit d’asile chez nous n’est pas accepté. Beaucoup de drames se vivent dans nos pays pour ces personnes, des mains se tendent aussi vers elles. Continuons à aller dans le sens de l’accueil du plus petit, de l’étranger, car c’est au Christ que nous réservons cet accueil.
Prenons aussi en compte les reproches de Jésus. A qui n’avons-nous pas donné lorsqu’on nous réclamait ? Comment, dans l’année qui vient, pourrai-je être encore plus attentif à ceux qui ont faim, soif, besoin d’être accueilli, vêtu, visité ? Comment accueillir encore mieux Jésus qui va naître dans une crèche comme un pauvre pour nous apprendre la meilleure façon d’aimer ?

Père Jean-Christophe Cabanis

 

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