Cinq idées pour souder la paroisse

Publié le par Paroisse de Colomiers

Nos voisins de banc à l’église demeurent parfois des inconnus. La rentrée est un moment clé pour tisser des liens entre paroissiens et accueillir les nouveaux. Dans la croix du 24 septembre 2016

Organiser un service d’accueil

Soigner l’accueil à l’entrée de l’église n’est en rien superflu quand on sait, d’après des études, que la décision de revenir ou non dans un lieu se prend dans les trois premières minutes où l’on s’y trouve. Dans certaines paroisses, des bénévoles, parfois reconnaissables à une écharpe de couleur ou à un badge, sont postés à l’entrée de l’église pour accueillir et aller, en particulier, au-devant des nouveaux venus. « Dans les premiers temps, ils prenaient la feuille de messe sans rien nous dire, puis ils ont commencé à nous sourire et nous saluer. Maintenant, ils nous serrent la main », se félicite Alain Lopez, 68 ans, l’un de ces hôtes d’accueil à l’église Saint-Denys-Sainte-Foy, à Coulommiers (Seine-et-Marne). Lui-même avait regretté à son arrivée, il y a une dizaine d’années, de« ne pas avoir été accueilli »« En trois ans, au fil des ”bonjours” et des paroles d’amitié, notre paroisse est devenue un lieu d’échanges, avec un engagement de plus en plus fort des fidèles. »

Dire bonjour à son voisin

Pour qu’une paroisse devienne une vraie communauté, encore faut-il se connaître. Et commencer par se dire bonjour. C’est ce que propose, entre autres, la paroisse de Sophia-Antipolis (Alpes-Maritimes). Au début de la messe, le curé annonce aux paroissiens qu’ils ont deux minutes pour faire connaissance avec au moins un voisin qu’ils ne connaissent pas. Il invite à retenir son prénom pour lui souhaiter le moment venu, et en le nommant, « la paix du Christ ».

« C’est important de s’accueillir mutuellement, explique le P. Jean-Hubert Thieffry, curé de cette paroisse confiée à la communauté du Chemin-Neuf. Cela établit un grand nombre de liens inattendus entre les familles. » Comme ces couples qui ont pu découvrir que leurs enfants étudiaient dans la même université au Canada.

Des réticences dans l’assemblée ? « Au bout des deux minutes en tout cas, on a du mal à ce que les gens s’arrêtent, et nous avons remarqué que, lorsque nous reprenons le refrain du chant d’entrée, ils chantent deux fois mieux!, relève le P. Thieffry. Ils sont davantage conscients de former un même corps, et la célébration devient vraiment communautaire. »

Participer à une fraternité paroissiale

Un échelon manque souvent entre la prière chez soi et la messe ou le culte du dimanche. Un lieu où approfondir sa connaissance de la Parole de Dieu, nouer des liens avec d’autres chrétiens, prier les uns pour les autres… Mouvements et communautés proposent ce type de groupes : Équipes Notre-Dame, MCC, maisonnées de l’Emmanuel… De l’Isère à la Vendée, plusieurs diocèses ont développé des « fraternités paroissiales ». À Cholet (Maine-et-Loire), une dizaine d’inconnus devenus, au fil des mois, de bons amis, échangent toutes les trois semaines autour des Évangiles ou de l’encyclique Laudato si’. Avant l’étude, chacun partage ses avancées ou déceptions depuis la dernière rencontre. « Le risque c’est de devenir trop soudé au point de moins s’ouvrir aux autres », avertit Bruno Raymond, 57 ans, cofondateur de cette « fraternité paroissiale ». Ce père de trois enfants voit surtout dans cette rencontre l’occasion de « parler de sa foi » qu’il cache quelque peu « par honte » dans sa famille non croyante.

Dans les Hauts-de-Seine, les fraternités rattachées à la paroisse Sainte-Cécile de Boulogne-Billancourt débutent par un repas, suivi d’un temps de louange, un enseignement, un temps de partage et un moment de prière fraternelle. « Chacun peut ainsi vivre dans un lieu à taille humaine les cinq dimensions essentielles à la croissance spirituelle: la prière, la vie fraternelle, la formation, le service et l’évangélisation », estime Olivier Sachs, membre de l’équipe d’animation pastorale.

Agir ensemble

Rien de tel, pour briser la barrière de l’inconnu, tisser des liens solides et faire des rencontres intergénérationnelles, que de s’engager ensemble dans un projet concret. Il arrive que des actes de solidarité connaissent des retombées qui dépassent leurs buts premiers. L’installation provisoire d’une vingtaine de familles de réfugiés en septembre 2015 à Vigy (Moselle) a ainsi suscité un élan de générosité : collectes de vêtements et de matériels scolaires ainsi que des cours de français… « Nos actions ont aussi permis de faire connaissance avec de nouveaux paroissiens éloignés géographiquement », pointe Patricia Wilmouth, animatrice laïque en pastorale. Même constat à Saint-Merri, dans le centre de Paris, sur un plan artistique : « Chaque week-end, des concerts sont organisés par des bénévoles de la paroisse. Alors, à l’office, ces derniers ont plaisir à se retrouver puisqu’ils ont préparé ensemble », constate le curé, le P. Daniel Duigou.

S’inviter pour un repas ou l’apéritif

Le traditionnel « verre de l’amitié » a connu ces dernières années quelques innovations. Pour « redonner un sens au mot ”communauté chrétienne” », la paroisse lyonnaise Saint-Pothin a institué, en complément des fraternités paroissiales, des « repas 4 × 4 » : quatre couples ou équipes de deux personnes participent à quatre repas dans l’année, la liste des participants étant fournie à l’avance. Le lieu tourne, et les convives ont chacun un rôle dans l’élaboration des menus. La paroisse Saint-Michel de Dijon, elle, a lancé en juin des apéros par tirage au sort, au domicile d’un paroissien après la messe du dimanche.« Ces apéros, dans nos maisons, permettent que l’on apprenne à se connaître », raconte Charlotte Savarin, membre du conseil pastoral. Chantal Sur, 65 ans, a invité chez elle un couple et une personne retraitée de Dijon qui lui étaient inconnus. « Ils sont partis à 17 heures! L’échange était riche, nous n’avons pas vu le temps passer. »

Céline Hoyeau et Alice Papin

http://www.la-croix.com/Religion/Religion-et-spiritualite/Cinq-idees-pour-souder-la-paroisse-2016-09-23-1200791271

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