Paroisse Colomiers

Dimanche, 18ème Semaine du Temps Ordinaire — Année C

Le début de l’évangile donne un verbe important, celui de partager. Sauf que les deux frères n’arrivent pas à partager l’héritage de leurs parents. Jésus à partir de sa parabole et de tout son enseignement, veut ouvrir l’horizon : la fraternité est universelle et l’héritage, c’est celui du Royaume des Cieux. Nous en sommes tous les héritiers avec le Christ, et nous en sommes responsables en faisant fructifier l’héritage et en le partageant avec tous.

Cet homme dans la parabole est le contraire d’un partageur. Il n’emploie que le pronom personnel « je » ou « moi », il ne pense qu’à lui. Il est autocentré sur lui-même et ne pense pas du tout aux autres. On ne sait même pas s’il a une famille, une femme et des enfants, il n’en parle pas. Ce qui l’intéresse c’est d’accumuler sa richesse. Mais sans but à part celui de s’enrichir. Jésus déplore cette attitude, car à la fin de sa vie, cet homme n’aura rien partagé ni fait fructifier, il aura eu une vie très pauvre finalement. Jésus nous avertit que ce qui compte, c’est d’être riche en vue de Dieu. Alors on peut se demander qu’est-ce qu’être riche en vue de Dieu… C’est déjà penser aux autres, vivre dans la relation. La richesse, elle est de l’ordre de l’amour, de la fraternité, de la vie de famille, du partage. Pas seulement du partage des richesses matérielles, mais aussi de son temps, de son cœur. Etre riche en vue de Dieu c’est considérer l’héritage qui nous est fait. L’héritage, c’est la Création : comment la préservons-nous, en prenons-nous soin, partageons-nous ses bienfaits comme l’eau ou la nourriture, sachant qu’il y a beaucoup d’inégalités sur terre ? L’héritage c’est la fraternité. Comment participons-nous à un monde plus fraternel ? Comment faisons-nous disparaitre les frontières et accueillons-nous ceux qui viennent de loin et parfois en catastrophe comme les migrants ? Arrivons-nous à voir leurs richesses au-delà de leur pauvreté matérielle ? Eux aussi ont de quoi partager et nous enrichir.

St Paul nous rappelle que nous sommes ressuscités avec le Christ. Nous sommes renés, par notre baptême, à la vie éternelle. St Paul nous demande de rechercher les réalités d’en-haut. Pas seulement celles d’en-bas qui mènent à la cupidité, à l’égoïsme. Les réalités d’en-haut se trouvent dans la prière, dans la relation au Christ, à sa Parole, à l’eucharistie. Les réalités d’en-haut nous élèvent et permettent d’élever notre monde. Il ne s’agit pas de s’élever tout seul, de se sauver tout seul, c’est le monde qui est sauvé par le Christ, c’est tout le monde. Mais notre monde est prisonnier d’un ordre économique qui l’empêche de s’élever, qui l’enfonce dans les inégalités et la violence. Notre monde manque de sens, il ne cherche que l’accumulation et c’est au détriment de la planète et de l’humanité.

Le Christ est tout et en tous nous rappelle St Paul. Pour élever notre monde, nous devons chercher les parcelles du Christ même chez ceux qui s’en croient très loin, voir en chacune et chacun ce qu’il a ou ce qu’elle a de meilleur. Et mettre en commun le meilleur de notre humanité.

Ne soyons pas fatalistes comme Qohelet. Si nous ne comptions pas sur le Christ, nous pourrions être fatalistes : rien n’est nouveau sous le soleil, tout est vanité. Mais si nous comptons sur le Christ, « rien n’est impossible à Dieu ».

Recherchons, peut-être spécialement durant cet été, les réalités d’en-haut. Cherchons à nous enrichir en vue de Dieu et à partager nos richesses du cœur.

Père Jean-Christophe Cabanis

Qo 1, 2 ; 2, 21-23 ; Ps 89 (90), 3-4, 5-6, 12-13, 14.17abc ; Col 3, 1-5.9-11 ; Lc 12, 13-21

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