Paroisse Colomiers

Révèle à tous Seigneur ton visage de lumière et de paix.

Le chant d'Isaïe envisage le retour de l'exil à Babylone. Nous nous trouvons devant une joyeuse espérance d'un temps de paix et de réconciliation. Si Cyrus a autorisé le retour, pour le peuple d'Israël c'est le Seigneur qui, de fait, a  libéré son peuple. L'action de Dieu atteint chacun et notamment ceux qui sont handicapés du cœur et du corps (boiteux, aveugles, sourds). Mais plus encore les guérisons ne sont pas seulement physiques mais intérieures. Il ne s'agit pas seulement du retour des exilés mais de l'annonce d'une réconciliation définitive avec Dieu et entre les hommes lorsque viendra le Messie annoncé par les signes des temps nouveaux. 

Matthieu dans l'évangile s'étend sur les liens entre Jean-Baptiste et Jésus. Aux envoyés de Jean, Jésus dit 'les aveugles voient, les boiteux marchent, les sourds entendent, les lépreux sont purifiés'. Pour Jésus la venue du Messie n'est pas d'apporter le feu sur la terre qui éliminerait les fauteurs de mal, qui libérerait de l'occupation romaine, mais un Royaume de paix et de justice. Puis Jésus intervient sur le rôle du Baptiste : prophète il est le dernier messager avant l'arrivée du Messie. Jean-Baptiste est une parabole vivante pour entrer dans l'inouï du royaume qui se dessine. Les marginaux, les éclopés et les malades en tous genres sont appelés, accueillis, guéris, réconciliés. L'Evangile est annoncé aux pauvres et aux pécheurs. Le royaume de Dieu est inauguré mais de façon imprévue. Jean est amené à se convertir au Christ, à ce Messie non-conforme à l'idée qu'il s'en faisait.

La vie, les évènements, les échecs sont venus bousculer notre foi et remettre parfois en cause nos certitudes. Pourtant des signes pour la foi nous sont donnés lorsque Dieu nous parle au cœur, lorsque sa Parole nous apporte une lumière nouvelle tel ce témoignage d'une personne allant à la 'halte de nuit' de Toulouse : 'je vois une humanité qui me touche et qui me faisait peur, trouver le visage de Jésus Christ dans les personnes les plus défavorisées (alcoolisées quelques fois). Ces personnes sont pour nous des actes de courage car le champ de leur avenir est réduit ainsi que leur projet de vie. Il ne leur faut pas grand chose pour être heureux. Ils sont nos frères en humanité'. Dans nos faiblesses et nos blessures, le doute sur ce que nous sommes a pu nous envahir. Mais des signes nous sont donnés que nous sommes aimés. Dieu nous a remis debout, il a mis sur notre route des témoins de sa sollicitude, il nous a converti à l'espérance. Comme le cultivateur nous attendons avec patience les fleurs et les fruits de notre recherche. Regardons les signes de l'Esprit qui nous rendent capables de changements intérieurs, de dépassements de soi. Ces signes nous convertissent à la louange et à l'action de grâces.

Dans ce texte d'Evangile ce ne sont pas les riches qui sont mis en devanture ou ceux qui apparaissent les plus heureux en leur vie. Ce sont en fait tous ceux qui sont touchés en leur corps et en leur cœur. La réalité humaine est marquée par la vulnérabilité et la fragilité. Ne soyons pas étonnés d'être atteint d'une certaine surdité et d'une certaine passivité. Regardons malgré tout les merveilles de Dieu qui traversent les montagnes d'inégalités. Prenons les chemins du Seigneur et regardons comment, durant toute sa vie, Jésus a fait la volonté de son Père. La joie du peuple des pauvres demande une conversion intérieure, de la patience pour que la récolte soit fructueuse, de la persévérance face à l'incompréhension ou à la persécution. Chacun, Chacune est invité à se reconnaître pauvre de Dieu pour, ensuite, se réjouir, comme Marie et Jean-Baptiste, des merveilles que fait en eux la grâce. Loin de perdre courage, réjouissons-nous de ce qui germe dans notre monde et que Noël vient éclairer d'un jour nouveau.

Notre Eglise d'aujourd'hui devient l'Eglise des petits, l'Eglise de la foi.

Les hommes et les femmes de notre temps pourront voir en elle une source de Vie et d'espérance au-delà de la mort.

Aujourd'hui Jésus ressuscité continue de marcher sur notre terre.

Baptisés nous sommes ses amis, ses disciples. Nous sommes le Corps du Christ. Il veut que nous soyons ses mains, son visage et son cœur pour révéler que les plus pauvres et les plus faibles sont précieux pour le Père et qu'ils sont capables de grandir pour apporter la vie aux autres. Ce sont eux qui nous conduiront vers la Cité Sainte et qui nous ouvrirons sur la joie de Dieu.

Avançons avec confiance, demandons à ceux qui gouvernent les peuples qu'ils le fassent dans la justice et la paix pour tous. Ouvrons nos cœurs à l'accueil et au partage dans notre monde tourmenté et trop souvent violent. Oui, révèle à tous Seigneur ton visage de lumière et de paix. 

Père Philippe Bachelet, Capucin
 Homélie de la messe anticipée, samedi soir 14/12/2019

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