Paroisse Colomiers

Dimanche de l'épiphanie, B

C’est un très bel évangile que celui des mages, plein de mystère. Les mages sont en chemin. Pour cela, ils ont étudié les étoiles, ils ont su lever les yeux et se mettre en route à l’appel de cette mystérieuse étoile qui leur faisait signe. Et la Parole de Dieu va les rejoindre en cours de route, eux qui ne connaissent pas ce Dieu-là. Ils ne sont pas du peuple juif, mais ils ont compris que le Roi des Juifs vient aussi pour eux. Leur voyage est long, il comporte des pièges comme à Jérusalem avec Hérode, mais il est fait de joie, surtout de la grande joie lorsqu’ils arrivent devant l’enfant Jésus. Ils vont se prosterner, adorer Celui qu’ils ne connaissaient pas et repartir par un autre chemin pour éviter le piège d’Hérode.
La foi est un chemin. Il faut avoir l’audace de partir, après avoir scruté les signes qui nous viennent de Dieu. Pour cela, il faut ouvrir les yeux, il faut être observateur. Les mages sont plusieurs, on dit qu’ils sont trois. Ils font équipe, ils ne marchent pas seuls, se complètent et se réconfortent dans les moments difficiles. Après, on n’entendra plus parler d’eux. Pourtant, ils ont été illuminés par la naissance de Jésus. Et cette illumination, ils vont en être témoins dans leurs pays d’origine. Nous croyons que les mages sont les ambassadeurs de tous les pays et de toutes les croyances, car Jésus est venu pour tous les hommes.
Ce qui marque dans ce récit, c’est la simplicité. Les mages viennent de faire un grand parcours mais ils ne s’en vantent pas. Ce qui compte pour eux, ce n’est pas eux-mêmes mais Celui qu’ils sont venus adorer. Leur joie est très pure lorsque réapparaît l’étoile et qu’ils arrivent au but de leur périple. La simplicité, c’est celle de Marie avec son fils nouveau-né dans ses bras. C’est la simplicité de la naissance, avec tout le mystère qu’elle représente.
Hérode est beaucoup moins simple, il est calculateur, voire conspirateur. Pour lui, cet enfant est dangereux parce qu’il menace son trône. Du coup, il vit dans l’angoisse et dans l’inquiétude. Et dans la cruauté puisqu’on sait qu’il massacrera des enfants innocents.
Ce récit doit nous déplacer nous aussi. Les mages qui viennent de loin, à qui nous font-ils penser ? Ceux qui viennent d’autres pays, les migrants, en situation difficile ou pas : Ils ont une expérience, des richesses que nous n’avons pas. Ceux qui croient autrement suivent une étoile qui vient de Dieu. Nous allons tous vers le même but : Jésus qui fait converger toute l’humanité vers Lui parce qu’Il est la source de l’amour.
Pour vivre cette convergence, il faut se mettre tous en mouvement. Nous ne pouvons pas nous suffire de là où nous sommes. Nous avons tous des déplacements à faire. Jésus est né à Bethléem et non à Jérusalem. Les grand-prêtres ont désigné le lieu de sa naissance mais ne sont pas allés se prosterner devant Lui. Et plus tard, ils ne reconnaîtront pas Jésus et le condamneront. N’ayons pas cette attitude de suffisance. Bethléem est un lieu de pauvreté, c’est là que Jésus nous attend. Bethléem est un lieu de naissance, Jésus veut naître en nous ou renaître. Il veut nous apprendre à aimer et à nous procurer beaucoup de joie par sa simplicité. N’oublions pas nos compagnons de route, nos proches ou ceux qui viennent de loin, qui nous sont étrangers mais qui sont nos frères et nos sœurs et nous désignent l’étoile. Nous avons aussi à leur apporter notre éclairage par notre foi et la Parole de Dieu vivante en nous. Et demandons-nous ce que nous avons à offrir : le meilleur de nous-mêmes, nos richesses et nos qualités que nous voulons mettre au service du Christ et de son Royaume.

Père Jean-Christophe Cabanis

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