5ème Dimanche du temps ordinaire A

Publié le par Père Jean-Christophe Cabanis

Isaïe 58,7-10. Psaume 112(111),4-5.6-7.8a.9., 1Corinthiens 2,1-5., Matthieu 5,13-16., PU

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Nous sommes sur la montagne avec Jésus. La montagne du bonheur puisque Jésus vient de proclamer les Béatitudes. Un bonheur à recevoir, à construire, à partager car on n’est pas heureux tout seul. On ne peut être véritablement heureux qui si tout le monde a accès au bonheur. La montagne, c’est aussi celle de la justice et de l’exigence. Elle monte plus haut que le mont Sinaï et des 10 commandements. Jésus dira par la suite : « On vous a dit… moi je vous dis ». Il parlait de Moïse qui a dit par exemple « oeil pour œil, dent pour dent ». Jésus dira d’aller plus loin, de pardonner à ses adversaires, d’aimer ses ennemis. C’est la montagne aussi de la rencontre avec le Père, celle de la prière. Jésus va enseigner la prière du Notre Père à ses disciples, il leur révèle que le Dieu auquel ils croient est un Dieu d’amour et qu’ils peuvent l’appeler Abba. La montagne, c’est pour mieux redescendre dans la plaine, le lieu des rencontres humaines, en particulier des personnes qui souffrent. Le plein d’amour qui a été fait sur la montagne permet de faire du bien, de faire des bonnes actions. C’est ce que Jésus invite ses disciples à faire aujourd’hui en donnant ces 2 symboles, celui du sel et celui de la lumière : « Vous êtes le sel de la terre,… vous êtes la lumière du monde ».

Le sel a des qualités pour le corps qui sont indispensables, il en a d’autres pour le goût que nous connaissons mieux. De la nourriture non salée peut paraître fade. Mais il permet aussi de mieux savourer la nourriture que nous goûtons. Le sel n’est pas là pour lui-même mais il est au service des aliments que nous goûtons. Etre sel de la terre pour nous les chrétiens, ce n’est pas « faire » pour les autres, ce n’est pas leur apporter tout ce qu’ils n’ont pas, c’est les aider à révéler  ce qu’ils ont de meilleur en eux-mêmes, ce qui n’est pas mis en valeur et qui peut être caché. Les parents, les éducateurs, sont « sel » pour leurs enfants ou pour les jeunes parce qu’ils les aident à se révéler, à développer ce qui est le meilleur en eux-mêmes et qui peut leur faire goûter la vie. Etre sel pour ceux qui souffrent, pour les malades, ceux qui n’ont rien, les migrants, ce n’est pas les assister, même si l’assistance peut être une bonne action, mais c’est  surtout leur donner le sel de notre amour et de notre amitié pour leur donner confiance en eux, leur redonner le goût de la vie. Et puis le sel est aussi un symbole de durée. Les aliments se conservent dans le sel. Aujourd’hui, un amour qui dure, on sait que c’est difficile, les couples d’aujourd’hui en particulier sont éprouvés. Etre sel de la terre, c’est croire en un amour durable, car le sel nous est donné. Le sel, il faut qu’il soit bien dosé, il est discret, faible comme dirait St Paul. Mais c’est sa faiblesse, sa petitesse qui révèle la grandeur de l’amour de Dieu.

Être lumière du monde, c’est aussi avoir une dimension universelle. Si nous sommes enfants de lumière de par notre baptême, ce n’est pas pour avoir un éclairage tamisé chez soi et s’en contenter. Mais c’est pour participer à l’éclairage du monde qui vit souvent dans l’ombre ou le doute. La lumière intérieure que nous procure la foi est celle qui compte parce qu’elle éclaire le sens de la vie. Le sens, c’est de savoir que nous avons un Père au ciel qui nous aime et qui veut le bonheur de tous les hommes. Jésus nous dit que c’est en faisant du bien, en multipliant les bonnes actions, que la lumière se fera dans les cœurs de ceux que nous rejoignons. Comme dit Isaïe, la lumière jaillit du partage. La lumière jaillit du partage entre celui qui donne et celui qui reçoit. Que notre foi soit lumineuse dans le sens du partage, de la justice, de la fraternité universelle pour que chacun puisse rendre gloire à notre Père qui est au cieux et qui nous aime.

Père Jean-Luc Fabre

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Publié dans Mots du curé, Dimanche

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