Dimanche du Saint Sacrement (et profession de foi)

Publié le par Père Jean-Christophe Cabanis

Deutéronome 8,2-3.14b-16a., Psaume 147,12-13.14-15.19-20., 1Corinthiens 10,16-17, Jean 6,51-58

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Tout à l’heure, les enfants, vous allez exprimer votre foi. Vous allez la dire avec vos mots. Quand vous serez plus grands, vous l’exprimerez autrement. Mais là, vous partagez avec nous là où vous en êtes de votre foi. La foi, elle s’exprime par des mots, mais elle se vit surtout dans nos cœurs. La foi, c’est une relation au Dieu d’amour auquel nous croyons. Et c’est aussi un compagnonnage qui ne se vit pas tout seul, qui se vit en Eglise. Les enfants, vos groupes d’aumônerie sont très importants pour que votre foi continue de grandir.

La foi, c’est un compagnonnage avec Jésus, comme au temps des Apôtres. Et Jésus surprend toujours. Ce jour-là, la veille de l’évangile d’aujourd’hui, Jésus était avec ses disciples et toute une foule était contente de l’entendre. Jésus guérissait aussi les malades. Et là, à la surprise générale, il a multiplié les 5 pains et 2 poissons dont il disposait pour que toute la foule soit nourrie. C’était la multiplication des pains ! Mais l’évangile d’aujourd’hui est encore plus surprenant. Cela se passe le lendemain à la synagogue de Capharnaüm où Jésus dit que le pain à manger n’est pas l’essentiel. Que le pain le plus important, c’est le pain venu du ciel, c’est Lui-même. Et plus tard il dira, en partageant le pain et le vin : « Ceci est mon Corps, prenez et mangez… ceci est mon Sang, prenez et buvez ». Nous croyons en un Dieu qui se laisse manger, qui se fait nourriture, n’est-ce pas complètement surprenant ? Demandons-nous si nous avons faim de Lui. Est-ce que nous avons envie qu’Il soit notre force, une force d’amour ?

Jésus a donné sa vie pour nous donner son Corps en partage. Il a souffert pour cela. Mais il veut que cette force du don, nous la vivions aussi. Il veut vivre à travers nous. Et si nous acceptons qu’il soit la nourriture de notre cœur, alors nous acceptons nous aussi d’avoir une vie donnée. Notre foi nous engage, c’est pour cela que ce n’est pas toujours facile de croire.

Jésus insiste en disant que sa chair, il la donne pour le monde. Pour que le monde ait la vie. C’est très bien de professer sa foi, de la creuser, de cheminer en Eglise. Mais ce qui compte aussi c’est que notre foi nous projette vers le monde, comme le veut Jésus. Notre monde est parfois désemparé. Il y a des personnes isolées, d’autres qui ne voient pas bien quel est leur avenir. Il y a ceux qui manquent de pain, au Soudan du Sud par exemple en ce moment ou dans d’autres pays du Sahel. Ceux qui manquent de paroles, qui manquent d’attention. Notre monde a faim, il a aussi faim de Dieu. C’est à nous de partager notre foi, de ne pas avoir peur parce que nous sommes attendus comme croyants. Ce n’est pas facile de dire que nous croyons en Dieu aujourd’hui, on peut-être moqué, au collège par exemple. Pourtant, beaucoup se posent des questions et attendent d’être aidés dans leur questionnement. 

Croire, cela nous engage pour notre monde d’aujourd’hui, mais cela nous projette aussi dans le temps, dans l’éternité avec Dieu. Jésus promet son Pain, son Corps pour la vie éternelle : « Qui mange de ce pain vivra éternellement » dit-il. Cela peut donner le vertige, mais c’est un vertige de bonheur. L’éternité, elle commence aujourd’hui. Chaque fois que nous vivons quelque chose de l’ordre du partage, de l’amour, de la fraternité, de l’amitié, cela a un goût d’éternité. Continuons à nous nourrir de l’amour de Dieu, à faire Corps avec Jésus en Eglise, à nous laisser surprendre par Lui, et nous donnerons des perspectives d’éternité à notre monde qui a faim de partage et d’espérance.

Père Jean-Christophe Cabanis

Publié dans Mots du curé, Dimanche

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