Dimanche des Rameaux et de la Passion, année A.

Publié le par Père Jean-Christophe Cabanis

Le pape François, dans son message du 1er Janvier pour la journée mondiale de la paix, a insisté cette année sur la non-violence. La paix dans le monde passe par le désarmement, mais aussi par les efforts de chacun à la maison. Si dans les familles la violence est combattue, alors elle le sera dans le monde.

Jésus, lors de sa Passion, donne une leçon de non-violence remarquable. Dans le récit de la Passion, il parle très peu. Il parle juste avant, lorsqu’il est encore avec ses amis. Il leur parle pour les encourager, pour les prévenir de la violence qui va s’abattre. Il veut les réconforter et les fortifier : « Ceci est mon corps, ceci est mon sang » leur dit-il. Il leur promet d’être toujours avec eux, en particulier dans l’adversité.

Ce dont il a besoin, lui, pour affronter sa Passion qui lui fait peur, c’est de faire le plein d’amour avec son Père. Il va prier à Gethsémani toute la nuit. Une prière d’angoisse, mais une prière qui lui donne de la force parce qu’au petit matin, quand on viendra l’arrêter, il sera prêt. Il va refuser la violence des armes quand son compagnon voudra le défendre avec son glaive. Il met ceux qui viennent l’arrêter en face de leurs contradictions : « Suis-je un bandit pour venir m’arrêter avec toute une cohorte, de nuit, alors que je ne me cachais pas pour enseigner au Temple ? »

Puis Jésus ne parlera presque plus, ni devant Caïphe, ni devant Pilate. Il laisse faire ce procès rempli de mensonges et de faux témoignages ! Il va subir la violence des mots et des coups, jusque sur la croix. Pourtant la douleur est si forte qu’il se croit abandonné par son Père. Mais il continue de se tourner vers Lui et de ne pas répondre à ceux qui lui font si mal.

Sachons, nous aussi, faire le plein d’amour et de foi, pour affronter notre monde où la violence est réelle. Prenons exemple sur Jésus qui n’a pas rendu le mal pour le mal. Sachons interpeler les bourreaux, en les mettant en face de leurs contradictions. Des associations sont actives dans ce sens (on entend parler souvent de l’ACAT, Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture, par exemple), nous pouvons les rejoindre.

C’est cette attitude non-violente pleine d’amour qui peut changer la face du monde. Le centurion fait un acte de foi tout à fait inattendu en voyant mourir Jésus avec tant de force. Il déclare : « Vraiment, celui-ci était Fils de Dieu ». Lorsque nos vies sont engagées au quotidien dans le sens de la paix, cela se remarque. Alors, la foi fait son chemin dans les cœurs. Au moment de vivre la fête de Pâques, soyons des témoins actifs de notre foi, tâchons de désamorcer les foyers de violence en allumant des foyers d’amour, d’amitié, de fraternité. En accueillant la paix qui nous vient du Christ ressuscité.

Père Jean-Christophe Cabanis - FNACA à la messe des Rameaux à Ste-Radegonde

Publié dans Mots du curé, Dimanche

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