Paroisse Colomiers

St Jean Baptiste et les gilets jaunes

Ces gilets sont tous sortis des voitures ou bien de la panoplie des cyclistes. Ou encore des accompagnateurs de jeunes ou d’enfants qui les aident à traverser la rue. Les gilets jaunes ont un rapport avec le transport, avec la circulation. Ils sont là à cause du danger des routes et des chaussées. La révolte des gilets jaunes est partie d’une grogne concernant l’augmentation de l’essence ou du diesel, même si le mécontentement est plus général et concerne globalement le pouvoir d’achat des classes moyennes ou modestes qui semble diminuer. Il provient aussi des élus du territoire qui voient leurs charges augmenter et leur budget diminuer. C’est encore l’aspect financier qui est en jeu lorsque certains semblent accumuler les bénéfices d’une mondialisation inéquitable. Les migrants, eux, au bord des routes, n’osent pas enfiler un gilet jaune fluo : c’est trop repérable.

Jean-Baptiste était aussi concerné par les voies de communication : "Préparez le chemin du Seigneur" disait-il. Son vêtement n’était pas jaune car il était vêtu de peau de bête. Il vivait sobrement et provoquait lui aussi des rassemblements qui pouvaient déranger. "Que devons-nous faire ?" lui demandent les foules. Jean-Baptiste renvoie au partage, à la non-violence, et à ne pas réclamer plus que ce qui nous est dû. Mais il n’est ni un moraliste ni un agitateur, c’est un prophète. Il est porteur d’une bonne nouvelle. Il est celui qui annonce la venue de Celui qui est le chemin, la vérité, la vie, Celui qui est la source de l’amour. C’est un chemin à suivre ensemble, ce n’est pas une autoroute, on a tout notre temps ! C’est le chemin d’une humanité rassemblée, réconciliée, sur lequel on est riche de ce que l’on donne.

"Que devons-nous faire ?" nous demandons-nous en ce temps d’Avent, à la suite des foules du temps de Jean-Baptiste. Enfilons-nous un gilet jaune de la contestation ou un vert pour montrer un engagement en faveur du climat ? Ou encore un vêtement sobre comme celui de Jean-Baptiste ? La sobriété, oui, est nécessaire ainsi que la remise en cause de nos moyens de transport. Mais avant tout, c’est notre cœur qui doit être revêtu de douceur et de bienveillance. Et c’est vers le Seigneur et vers les autres que nous devons nous transporter avec le meilleur de nous-mêmes. "Préparez les chemins du Seigneur" : le pouvoir d’achat est bien sûr important, mais les relations sincères et fraternelles n’ont pas de prix. La gratuité de l’attention à l’autre, en particulier au plus petit, est un chemin qui peut éclairer notre humanité parfois dans le brouillard. Surtout le plus petit nait dans une crèche.

Bon Avent à tous !

J-Christophe Cabanis - Edito de l'Espace85 2018

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