Epiphanie 2017

Publié le par Père Jean-Christophe Cabanis

Nous aimons ce récit de l’Epiphanie avec ces mages mystérieux qui viennent de loin, qui suivent l’étoile, mystérieuse elle aussi. Et cette étoile les amène devant un enfant nouveau-né, et ils le reconnaissent comme un roi, comme un envoyé de Dieu. Eux qui croient en Dieu différemment, ils se prosternent devant lui et lui présentent ce qu’ils ont de plus précieux. Tout n’a pas été facile dans leur voyage, en particulier leur séjour à Jérusalem où les Ecritures les ont renseignés pour aller jusqu’à Bethléem, mais ils ont compris qu’Hérode avait de mauvaises intentions et ils ne reviendront pas le voir à leur retour.

Cet évangile qui relate un voyage nous fait faire beaucoup de déplacements.

Isaïe avait prédit la joie de Jérusalem où toutes les nations viendraient se rassembler, à commencer par les rois. En fait, Jérusalem est concernée bien sûr, mais c’est à Bethléem qu’a lieu la naissance de Jésus. Bethléem est le lieu de la pauvreté et non pas de la puissance. La naissance de Jésus, qui se situe bien dans la continuité du Dieu de l’Alliance, apporte des éclairages nouveaux sur notre Dieu. D’abord, il vient pour tous les hommes, il ne vient pas que pour un seul peuple mais pour tous les peuples. Les mages sont les ambassadeurs des pays lointains, de toute l’humanité. Ceux qui croient autrement sont concernés aussi par la naissance de l’enfant Jésus. Et puis, Jésus nait dans le dénuement le plus complet. Sa seule richesse, c’est l’amour que lui portent Marie et Joseph, et bien sûr son Père du ciel.

Nous avons, nous aussi, à nous mettre en route, à suivre l’étoile qui nous guide dans nos vies. Nous avons à scruter les Ecritures, à bien connaitre la Bible parce qu’elle nous donne des renseignements précieux pour continuer notre chemin de foi. Ce chemin, il nous mène vers les lieux de pauvreté d’aujourd’hui. Notre foi nous conduit vers les migrants, les réfugiés, chômeurs, sans abris, vers toutes les pauvretés, qui ne sont pas toutes matérielles. Jésus vient partager la condition des plus petits, et il nous rejoint dans nos propres pauvretés.

Notre foi doit aussi élargir notre regard vers ceux qui ont un itinéraire de foi qui n’est pas le notre, qui ont une autre religion ou pas de religion du tout mais qui ont beaucoup de richesses à partager, qui sont aussi en quête de la vérité et de l’amour. St Paul nous dit que toutes les nations sont associées au même héritage dans le Christ.

Cet évangile nous met en garde contre tous les Hérode d’aujourd’hui et de tous les temps. Hérode dans sa malveillance, va se montrer cruel avec le massacre des Innocents. Son fils fera décapiter Jean-Baptiste, et Jésus le surnommera le renard. Mais les Hérode de tous les temps n’ont pas le dernier mot. Hérode n’a pas empêché l’avènement de Jésus. L’amour l’emporte sur la méchanceté humaine. Le Royaume des Cieux grandit alors que les royaumes humains déclinent tous.

Les mages ont été avertis en songe de retourner chez eux par un autre chemin. Nous aussi, nous sommes guidés pour éviter les pièges d’aujourd’hui : l’attrait de l’argent ou de la puissance, le repli sur soi ou la tentation du communautarisme… Suivons bien notre étoile, celle qui vient de loin, de l’origine de l’amour de Dieu, prosternons-nous, nous aussi, devant Celui qui vient illuminer nos vies et nous remplir d’amour. Offrons-lui ce que nous avons de plus précieux, nos vies, notre temps, nos talents, notre cœur, et sachons désigner cette étoile à ceux qui la cherchent en étant des témoins d’un Dieu qui s’est fait enfant pour faire naître en notre monde le Royaume de l’amour.

Père Jean-Christophe Cabanis

source http://www.maintenantunehistoire.fr/wp-content/uploads/2014/01/Les-mages-et-leurs-chameaux-se-mettent-en-route-600x187.jpg

Publié dans Dimanche, Mots du curé

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