L’étoile et le satellite

Publié le par Père Jean-Christophe Cabanis

Les skippers solitaires aux défis surhumains nous enchantent en ce moment avec la course autour du monde du Vendée Globe en monocoque, ou le record du tour du monde en trimaran largement battu par Thomas Coville. Les marins se sont toujours dirigés grâce aux étoiles, dans toutes les civilisations de la mer. Or aujourd’hui, ils sont toujours guidés par le ciel, mais non par les étoiles, plutôt par les satellites. Il n’est plus nécessaire d’observer les étoiles ou même les nuages, ce sont les satellites qui observent la Terre et son atmosphère, et qui donnent aux navigateurs les indications toujours plus précises, en particulier au niveau de la météo.

Et nous-mêmes, qui ne tentons pas tous des exploits, nous vivons de plus en plus grâce aux renseignements donnés par ces observateurs permanents dont les grands pays peuvent être fiers de les avoir mis en orbite. Nous profitons du téléphone, du GPS, des diverses données des satellites qui observent mais qui peuvent aussi espionner. Ces satellites sont de fabrication humaine, ils tournent autour de la Terre pour être au service des hommes, jusqu’à ce que leur service s’arrête et qu’ils soient désintégrés dans l’espace ou l’atmosphère.

Les Mages ont suivi une étoile, et non pas un satellite. Elle était un signe de Dieu et non des hommes. Elle les a fait partir d’un pays lointain pour faire, non pas un tour du monde, mais un aller-retour, avec le retour qui s’est fait « par un autre chemin ». Le but étant d’aller adorer un roi inconnu, un roi nouveau-né. L’étoile a rempli les Mages d’espoir et de joie. Elle les a toujours guidés et accompagnés sur leur long chemin parfois périlleux. Puis elle s’est effacée car la véritable étoile de Dieu, c’était son Fils Jésus, né dans la crèche de Bethléem.

Nous pouvons continuer à observer les étoiles, surtout l’été, parce qu’elles nous parlent. Elles nous parlent de l’infinie beauté de l’univers. Par leur scintillement, elles nous font des clins d’œil depuis la nuit des temps, elles qui sont à des années-lumière de nous. Le ciel au-dessus de nous ne s’arrête pas à l’altitude des satellites géostationnaires, et notre vie a une dimension plus grande que celle donnée par la technologie. Laissons-nous guider, non pas par ce que nous fabriquons, mais par ce qui nous précède et nous dépasse.

L’exploit que nous permet de réaliser l’étoile du Christ, c’est celui d’un dépassement de notre cœur. C’est filer au souffle de l’Esprit pour aimer au-delà des frontières et des préjugés. C’est savoir naviguer en évitant les icebergs des cœurs froids, en traversant les vagues creusées par les tempêtes de la vie, et en secourant ceux qui peuvent chavirer. C’est être libre d’avancer vers le port qui nous attend, en nous émerveillant de la Création dont nous sommes responsables. Observons-là, contemplons-la mais ne la dégradons pas.

Merci aux aventuriers d’hier et d’aujourd’hui, mages ou skippers, qui nous aident à nous déplacer, à nous dépasser, à aimer notre planète et notre humanité. Suivons bien notre étoile en cette année 2017.

Bonne année à tous !                                                                                             

Père  J-Christophe Cabanis - Edito de l'Espace 85, janvier 2017

 

Publié dans Mots du curé, Espace 85

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