Paroisse Colomiers

Jc 2,14-18 Chrétien pratiquant ?

Lecture Priante de la 2ème lecture du 24ème dimanche ordinaire année B

(Lectio Divina)

Esprit de Dieu, ouvre mon intelligence et mon cœur :

comprendre ce texte, ce qu'il me dit, le prier, vivre dans sa grâce.

 

Lettre de Saint Jacques (2,14-18)

Mes frères, si quelqu’un prétend avoir la foi, sans la mettre en œuvre, à quoi cela sert-il ? Sa foi peut-elle le sauver ? Supposons qu’un frère ou une sœur n’ait pas de quoi s’habiller, ni de quoi manger tous les jours ; si l’un de vous leur dit : "Allez en paix ! Mettez-vous au chaud, et mangez à votre faim !" sans leur donner le nécessaire pour vivre, à quoi cela sert-il ? Ainsi donc, la foi, si elle n’est pas mise en œuvre, est bel et bien morte. En revanche, on va dire : "Toi, tu as la foi ; moi, j’ai les œuvres. Montre-moi donc ta foi sans les œuvres ; moi, c’est par mes œuvres que je te montrerai la foi."

 

Troisième extrait de la lettre de Jacques, nous souvenant de ces mots du premier extrait il y a quinze jours : Mettez la parole en pratique, ne vous contentez pas de l'écouter. C'est l'enseignement principal de toute la lettre, répété aujourd'hui : Avoir la foi, sans la mettre en œuvre, à quoi cela sert-il ? Ce "à quoi cela sert-il" est répété. Autrement dit, la foi doit être active, entraîner des actions. Une foi qui s'accomplit en oeuvre, qui devient "opérationnelle", qui se manifeste surtout dans l'amour du prochain, va nous dire Jacques.

 

On est habitué au langage qui distingue le "chrétien pratiquant" du "chrétien non pratiquant". A la question : "Qu'est-ce qu'un chrétien pratiquant ?", Jacques aurait répondu : un chrétien qui pratique la charité. Il n'aurait pas dit : un chrétien qui va à la messe le dimanche. Cependant, il ne minimise pas le côté spirituel du chrétien, ni le côté du culte, car à la fin de sa lettre, il écrira : Quelqu'un parmi vous souffre-t-il ? Qu'il prie. Quelqu'un est-il joyeux ? Qu'il entonne un cantique. Quelqu'un parmi vous est-il malade ? Qu'il appelle les presbytres de l'Eglise et qu'ils prient sur lui après l'avoir oint d'huile au nom du Seigneur. La prière de la foi sauvera le patient et le Seigneur le relèvera. S'il a commis des péchés, ils lui seront remis.Confessez donc vos péchés les uns aux autres et priez les uns pour les autres, afin que vous soyez guéris. La supplication fervente du juste a beaucoup de puissance. Se rappeler constamment qu'il ne faut pas isoler un passage du reste de la bible, ni du contexte de son écriture.

 

Jacques, comme dimanche dernier, amorce une brève parabole : Supposons que... Une façon de nous secouer par un exemple fort, par une formule choc. Comme celle-ci : la foi, si elle n’est pas mise en œuvre, est bel et bien morte. Quelques versets après cette lecture, non cités ,il écrira : Comme le corps sans l'âme est mort, de même la foi sans les oeuvres est-elle morte. Notre foi va mourir si elle ne se traduit pas par des actions concrètes d'amour vers les autres.

 

Jacques termine par une sorte de dialogue entre deux types de "pratiquants". "Toi", ta foi sans les œuvres, sans une mise en pratique concrète. "Moi", c’est par mes œuvres que je te montrerai la foi. Foi et action, un couple à ne pas séparer. Il y a un va et vient nécessaire entre prière et action, une nourriture réciproque de l'une par l'autre.

 

On peut penser à d'autres passages de l'Ecriture. Cette parole de Jésus : À ceci tous vous reconnaîtront pour mes disciples : c’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres (Jean 13,35). Votre foi en moi se verra dans votre vie de charité, d'amour envers autrui. L'apôtre Jean : Petits enfants, n'aimons ni de mots ni de langue, mais en actes et en vérité (1 Jean 3,18).

 

Donne moi Seigneur de savoir me quitter pour aller à Toi aussi bien dans la prière  que dans la rencontre de mon frère, donne moi de croire qu’à travers cela, tu me sollicites, m’appelles, me fais grandir, m’ouvre à la Vie promise… Ma prière sera d’autant plus vigoureuse qu’elle prendra appui sur mon action pour les autres, mon action pour les autres sera d’autant plus donnée qu’elle sera habitée par la prière. L’un ne va pas sans l’autre, l’un féconde l’autre et l’ensemble me donne de Te découvrir, Toi tel que Tu es… ("Jardinier de Dieu", Jean-Luc Fabre, SJ)

Paul C.

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