Paroisse Colomiers

Un prêtre sans habit, mais plein d’amis.

Témoignage d’un paroissien

Cela fait 35 ans que je vois cet homme de temps en temps quand il préside la messe. Mince, tout mince… Rien de notable pour moi. Qui est-il ? Un prêtre dans la paroisse, mais d’abord prêtre-ouvrier, il travaillait et il continue à travailler autrement.

Personnage simple à l’allure passe-partout, embauché au service des mines comme « femme de ménage », Par la suite, ouvrier professionnel, engagé à la CFDT pour défendre les intérêts du personnel. On le voyait peu dans la paroisse, il y rendait des services quand il le pouvait. Il logeait à Colomiers chez une mère adoptive, la porte de la maison était toujours ouverte pour accueillir les groupes du KT, quand les salles  du centre paroissial étaient occupées.
Un physique maigre, mais un cœur prêt à se donner aux gens qui viennent à lui. Que de fois il a donné un coup de main aux paroissiens ou non pour des menus travaux.
Ces derniers temps, la santé est partie et la maladie l’a obligé à s’arrêter, se voir diminuer, ne plus pouvoir rien entreprendre, même s’il n’approuve pas l’euthanasie, il comprend les gens qui se posent la question : la maladie, la souffrance, cela nous dépasse et on y peut rien, sinon faire confiance au corps médical et aussi croire à la prière. Les paroissiens ont prié pour lui. Lors de chaque rencontre paroissiale, les gens s’échangeaient des nouvelles sur sa santé. Communautairement, individuellement, il était dans nos prières y compris dans les prières universelles dominicales.
Dans la paroisse, on l’appelle le prêtre-ouvrier, et en même temps, pendant 40 ans, il a cheminé avec l’institut du Prado (comme les couples qui vivent ensemble sans se marier). C’est seulement le 10 décembre 2017 qu’il a rejoint officiellement la grande famille pradosienne.
Quand il a pris la retraite du travail en 2006, il s’est occupé quasiment à plein temps  de sa mère adoptive qui, vu son grand-âge, avait besoin de quelqu’un en permanence. Il l’a accompagnée jusqu’à son dernier souffle. Il ne voulait pas laisser tomber celle qui l’avait accueilli chez elle 30 ans auparavant. Il a gardé de bonnes relations avec sa fille qui vit en Amérique.
Récemment, il a accueilli chez lui une famille de migrants : un couple avec deux enfants. Les frais ont augmenté mais heureusement beaucoup de personnes ont manifesté concrètement leur solidarité en participant aux frais d’électricité, d’eau et de chauffage.
35 ans ont passé, jour après jour, mon regard sur lui a changé, notamment, ces derniers temps. J’ai découvert un homme de cœur. Un homme frêle dont l’esprit est solide, qui est très courageux, franc avec lui-même et avec les autres. Vraiment, c’est un cœur humain qui veut aimer Dieu de toute sa force. Pour moi, il ose aimer. Il est vraiment  comme un pasteur, mais Il est aussi simple levain dans la pâte, avec une confiance totale en Celui qui l’a créé. Il s’est avancé vers son Dieu, malgré les obstacles aussi bien intérieurs qu’extérieurs. Dieu voit son cœur comme il voit le nôtre. Depuis 46 ans, comme prêtre à Colomiers, aujourd’hui avec ses amis du travail, les paroissiens, les prêtres du Prado et les prêtres-ouvriers et ceux qui ont collaboré avec lui, il fête  son jubilé d’or sacerdotal.
 
Heureux ceux qui ne considèrent pas l’habit comme essentiel, mais qui mettent toute leur confiance en Dieu, en aimant les autres, en acceptant d’être aimé aussi avec un cœur de chair, et en travaillant pour le droit et la justice pour tous ! Que Dieu comble de force et de  grâce ceux qu’il a choisis pour être ses apôtres en ce monde !

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article