Homélie - messe de Ste-Trinité

Publié le par Père Jean-Christophe Cabanis

Ce récit de Moïse au Sinaï est le deuxième. Entre temps, il a brisé les tables de la loi parce que le peuple s’était fabriqué un veau d’or et l’avait adoré. Mais nous croyons en un Dieu persévérant qui donne tout le temps une chance aux hommes. Et il va redonner les tables de la loi à Moïse. Ces tables des 10 commandements permettent aux hommes d’avancer droit, d’avoir une conduite droite, une conscience. Mais il n’y a pas que des commandements à respecter, une loi morale, il y a surtout un Dieu à connaître et à aimer. Sur la montagne, ce Dieu se révèle à Moïse comme étant « tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de vérité ».

Il est difficile de décrire notre Dieu, de le définir, mais nous le connaissons dans ses actes et dans son amour pour nous. Dans l’évangile d’aujourd’hui, choisi en cette fête de la Trinité, il n’y a pas une description du Père, du Fils, de l’Esprit, mais il y a la place du monde dans le cœur de Dieu : « Dieu a tant aimé le monde qu’i a donné son Fils unique ».  La Trinité n’est pas toute seule ! Dieu a crée le monde par amour ainsi que l’humanité, le monde fait partie de sa vie. Dieu ne donne pas seulement l’existence, il donne l’âme, la vie avec Lui, en Lui.

L’icône de Roublev qui représente la Trinité est assez parlante. Ce sont trois anges invités à la table d’Abraham, qui représentent le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Il reste une place autour de la table et les anges regardent dans la direction de celui ou ceux qu’ils invitent et c’est toute l’humanité, c’est chacun d’entre nous. La Trinité nous invite à partager sa condition divine, c’est assez vertigineux. Nous ne le comprenons pas bien, nous avançons à notre rythme dans la foi, et nous aurons tout le temps de contempler ce mystère puisque nous sommes invités en Dieu pour la vie éternelle. 

Si nous sommes inclus dans ce mouvement d’amour du Père vers le Fils, dans l’Esprit, c’est pour ressembler à ce Dieu d’amour qui nous a créés à son image et à sa ressemblance. Nous sommes sous l’emprise du mal et des tentations, et nous devons accepter que Jésus vienne nous sauver. Et avoir la même attitude que Lui de ne pas condamner, de ne pas juger, mais de vouloir sauver. Jésus voit au fond de nous ce que nous avons de meilleur, c’est ce même regard bienveillant, plein de miséricorde, que nous devons porter sur nos frères et sœurs. Notre monde est en souffrance, on peut dire qu’il est malade. Mais il n’a pas besoin d’être condamné, mais plutôt relevé, aimé. Jésus agit à travers nous par nos gestes et nos paroles pour panser les blessures, pour éclairer, réchauffer les cœurs.

St Paul nous dit que la vie de chrétien, croire au Père, au Fils, au Saint-Esprit, est la recherche de la perfection. Et que cette perfection doit se chercher dans la joie, et aussi dans la vie de communauté. Que la communauté soit fraternelle, cordiale, sous le signe de la paix. Plus nos expériences d’Eglise seront fraternelles, dans l’encouragement les uns pour les autres, plus nous saurons être des artisans de paix et d’amour dans le monde d’aujourd’hui qui nous attend.

La Trinité est un grand mystère pas facile à comprendre ni à expliquer (dans les dialogues interreligieux par exemple). Nous croyons en un seul Dieu en trois personnes. Il y a la diversité au sein de la Trinité ! Nous savons aussi qu’il n’y a qu’une seule famille humaine avec beaucoup de visages différents. Alors sachons valoriser la diversité humaine, sans vouloir tout uniformiser mais en aimant nos différences, sans en avoir peur. Continuons à persévérer dans notre foi en un Dieu Père et Créateur, en Jésus-Christ le Sauveur, en l’Esprit qui féconde nos vies pour l’éternité.

Père Jean-Christophe Cabanis, image http://www.edelo.net/trinite/icone.jpg

Publié dans Mots du curé, Dimanche

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