Paroisse Colomiers

Mission chrétienne

(1er Octobre, Ste Thérèse de Lisieux, patronne des missions http://paroissecolomiers.com/ste-therese-enfant-jesus.html)

 

Nous entrons dans le mois d’Octobre 2020, mois missionnaire dont le thème choisi par le pape François est « Me voici, envoie-moi ! ».  Ces mots reprennent les paroles du prophète Isaïe (cf. Is 6,8), se veulent une invitation personnelle et collective pour répondre à l’appel missionnaire que nous lance le Christ. Pour approfondir cette mission, nous pouvons relire l’article de Michel de Certeau « La conversion du missionnaire » (Christus, octobre 1963) pour y retrouver une conception profondément chrétienne, évangélique de la mission. 

 

Le missionnaire part à la rencontre d’une population étrangère, avec la certitude d’y retrouver Celui qui l’a invité à partir. Il y a déjà dans ce départ un appel « abrahamique » à quitter un environnement familier pour un pays étranger où il va précisément éprouver son étrangeté. Cette épreuve s’avère dans sa relecture être une révélation : « La rencontre des autres, frères insaisissables, est pour lui l’expérience du Mystère : Dieu se montre plus grand ». Dieu se découvre en effet dans la rencontre qui fait tomber les représentations qui s’étaient formées dans sa méditation personnelle. On se fait toujours un Dieu à son image, extrapolation sans doute de ses plus nobles désirs, mais à partir de soi. 

 

Le missionnaire part avec un message, le corps de doctrine élaboré dans sa tradition et auquel il adhère sincèrement. Il arrive que le message « passe » mal. Faut-il l’adapter ? On le traduira dans la langue locale. On adoptera les rites et les coutumes du pays. Est-ce suffisant pour dissiper l’équivoque ? « L’adaptation peut même devenir un moyen d’éviter la confrontation ». Une réception trop facile du message est suspecte car elle cache des ambiguïtés. 

 

L’épreuve de la résistance est le premier pas vers la conversion. La réalité humaine qui résiste au langage de la foi est « le lieu où il doit réapprendre à lire Dieu ». Cette réalité doit être prise au sérieux sans être immédiatement analysée à travers les grilles du savoir antérieur. Le danger est de trop bien connaître autrui, d’un savoir qui dispense de la rencontre. 

 

Cette conversion est bénéfique au missionnaire qui y découvre un Dieu « plus grand ». Il perçoit aussi que ce n’est pas lui qui apporte Dieu. Dieu est déjà là, mais il se révèle où Il veut et quand Il veut. Comme sur le chemin d’Emmaüs, Il se révélera dans la rencontre, l’échange et le pain partagé. La conversion est aussi bénéfique pour la communauté d’où il provient si du moins elle accepte ce décentrement. L’ouverture à l’autre est l’occasion de relire sa propre histoire et de percevoir comment la croissance a procédé de multiples rencontres (rappelons simplement l’émergence de la pensée chrétienne en confrontation avec la philosophie grecque des premiers siècles). 

Merci à l'auteur de cette photo

 

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