Noël - Messe des familles

Publié le par Père Jean-Christophe Cabanis

Il y a une famille principale dans cet évangile, qui a un itinéraire particulier qui n’est pas des plus confortables, mais qui s’en accommode. L’environnement est plutôt écrasant avec tous ces monarques qui règnent sur les pays et ce recensement qui semble s’intéresser plus aux chiffres qu’aux personnes. Mais le plus important pour cette famille, constituée de Marie et de Joseph, c’est la naissance de leur enfant, quelques soient les conditions. Ils vont lui prodiguer les meilleurs soins, même si l’endroit n’est pas confortable, ils vont surtout lui offrir tout leur amour, à Jésus qui est lui-même la source de tout amour.

Et puis il y a les bergers, les plus pauvres et les plus seuls, dans leur nuit, ce sont eux qui sont les premiers invités, qui ont les premières places d’honneur ! Ils sont avertis mystérieusement par les anges qui illuminent le ciel par leur lumière et par leurs chants. Les anges, ce sont les messagers de Dieu. Alors, quel est leur message ? « Un Sauveur nous est né, joie pour tout le peuple… Paix sur la terre aux hommes qu’il aime ». Nous sommes comme les bergers, avec nos occupations et responsabilités, avec nos pauvretés et nos solitudes, avec notre foi. Nous sommes aussi comme la Sainte Famille, nous avons tous notre famille qui compte et nous nous réjouissons pour toutes les naissances. Alors, quel est le message que nous entendons en cette nuit de Noël, nous qui sommes venus nous rassembler au cœur de la nuit, comme les bergers à Bethléem ?

Nous entendons avant tout un message d’amour et de paix : « Paix sur la terre aux hommes qu’il aime ». Nous sommes aimés de Dieu au point qu’il veut vivre parmi nous. Il ne vient pas en imposant sa présence, il nous demande de l’accueillir, de prendre soin de lui car il vient comme un nouveau-né. Et dès sa naissance, il dégage la paix. Quand il grandira, il fera passer son message de paix par ses paroles de sagesse et par ses actions, ses guérisons. Il nous dira que la paix, elle passe par la non-violence, en rendant le bien pour le mal. Elle passe par le pardon, la bienveillance, la fraternité : voir en l’autre avant tout un frère, une sœur, un enfant de Dieu comme nous, capable du meilleur, et pas du pire. La paix passe par le dialogue, la miséricorde.

Aujourd’hui, nous voyons qu’il y a beaucoup de violence dans notre monde, que la paix est loin d’être gagnée. Mais ce n’est pas une fatalité. Un enfant est plus fort que tous les recensements des puissants. Il est venu pour nous offrir sa paix et nous l’enseigner. Il veut qu’on lui ressemble et que nous soyons nous-mêmes des artisans de paix. La paix c’est un cadeau, mais c’est aussi un programme. St Paul nous dit que nous devons être un peuple ardent à faire le bien.

Pour faire le bien, il faut être ardent, c’est-à-dire avoir une source de chaleur en nous, une source d’amour. Noël, c’est une fois par an, mais c’est tous les jours que Jésus est là, qu’il veut naître en nos cœurs. C’est à nous de nous déplacer, d’aller le visiter, de lui consacrer du temps par notre prière ou notre disponibilité du cœur.

Dans cet évangile, il y a beaucoup de déplacements, que ce soit celui de Marie et Joseph ou celui des bergers. Ils convergent vers Jésus qui sera lui-même toujours en déplacement. Nous qui nous sommes déplacés ce soir,  continuons à nous déplacer tous les jours à la suite de Jésus qui nous entraîne toujours plus loin. Rejoignons-le dans les lieux de pauvreté d’aujourd’hui, dans les familles, là où il y a des naissances. Soyons comme les anges des messagers de son amour et de sa paix. Allons aux carrefours rejoindre ceux et celles qui sont en attente d’un message de paix, de joie, d’amour. Et que cette fête de Noël donne une dimension universelle à notre foi, comme nous y invite notre crèche aux couleurs du monde : « Un sauveur nous est né, joie pour toute la terre. »

Père Jean-Christophe Cabanis

 

Publié dans Mots du curé, Dimanche

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