Paroisse Colomiers

Les nouvelles du père Charles de Llobet : au bout de 40 jours...

« Ah ! Pauvres de nous, qu’allons-nous devenir, le jour baisse et les ombres du soir s’allongent… » (Jer 6.5) une « jérémiade » de Jérémie, mais elle devait se renouveler tous les soirs à la tombée de la nuit…Peur de la nuit, peur des animaux sauvages qui sortent de leur tanières, peur des prédateurs en tous genres qui s’introduisent dans les maisons pour voler, quand ce n’est pas  assassiner… « Qu’allons-nous devenir ?... ». Quoique qu’il advienne on se pose toujours la question surtout lorsque la santé vous quitte, que les forces s’en vont. La maladie, l’âge, les blessures nous font réaliser que les kilomètres qu’on le veuille ou non, s’allongent, les kilos se laissent aller en ne faisant plus le régime, les marches d’escalier sont plus hautes, les étés de plus en plus chauds et les hivers nous refroidissent bien plus qu’autrefois !
Heureusement le monde de la santé et les cliniques sont là pour nous retaper. Je suis entré à la clinique de Cèdres en mauvais état, j’en suis ressorti au bout de deux mois, non pas guéri, mais avec tous les atouts en main pour repartir sur de bons rails…à la condition que je respecte ce que l’on m’a dit x et x fois à l’unanimité « reposez-vous, ne faites rien ! », c’était mon programme pour la Cadène, je l’ai suivi à la lettre : « ne faites rien !... » ça  je sais faire ! Résultat des courses, au bout de 40 jours de « farniente » (ou du désert) je vais beaucoup mieux… Je respire mieux, pas besoin d’oxygène dans la journée, je marche normalement et surtout j’ai retrouvé l’appétit… Il semblerait que ma présence ici soit maintenant indésirable du fait que j’ai atteint le maximum de ce que je pouvais récupérer, il y a de fortes chances que je rejoigne la maison la semaine prochaine.
Quarante jours à ne rien faire c’est long, et pourtant il faut occuper les journées tout en ne faisant rien !

Voici le programme d’une journée à la Cadène, à peu de choses près il est immuable. Pour vous éviter d’aller voir la dernière ligne pour savoir comment se termine la journée, je commence par la fin : Je me suis imposé l’extinction des feux à 22h30, à ce moment-là je mets un masque qui m’aide à respirer la nuit, quelques minutes après je dors et ce jusqu’à 7 heures du matin. Le temps de retrouver les esprits d’enlever le masque il est 7h30, l’heure du petit déjeuner. J’enchaîne avec demi-heure d’aérosol, et après une heure avec à nouveau le masque, il est 9h30. La toilette, un temps plus ou moins long avec la kiné et nous voici à 11h, parfois à ce moment-là j’ai la visite du docteur. C’est ce temps que je réserve au « Bon Dieu » (il faut bien penser à Lui de temps en temps) car la sœur me porte la communion à 11h45 précises. De 12h à 12h30, temps libre !
12h30 repas, suivi comme le matin d’une demi-heure d’aérosol et d’une heure de masque (je fais la sieste en même temps), à partir de 15h j’ai eu et j’ai encore beaucoup de visites, après j’en profite pour prendre l’air avant le repas de 19h. A partir de 19h30 c’est temps libre jusqu’à 22h30. J’en profite, ne le dites pas au docteur, pour téléphoner, lire les messages sur l’ordinateur, et lire … grâce à vous je n’ai jamais lu autant de «policiers » de toute ma vie ! Voilà, la journée va se terminer, j’attends comme tous les soirs cette brave dame qui ne sait plus où elle habite, perdue dans le couloir elle ouvre les portes de toutes les chambres pour trouver son gîte, il est 22h. Juste : prière, les dents, pipi et au lit. Reconnaissez que ce sont des journées bien remplies même si je ne fais rien !
« Ah pauvres de nous, qu’allons-nous devenir… » Dieu seul le sait et c’est mieux comme ça !
A bientôt de se revoir, peut-être la semaine prochaine à Colomiers.

Charles

P.S. Pour ceux connaissent Michel Dagras, tout doucement il se remet, il recommence à manger, mais par contre il a toujours des difficultés pour boire (il lui faut la journée pour arriver à boire une bouteille d’un quart). Il se sent toujours très fatigué, malgré tout cela il garde le moral

 

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