Pâques 2017

Publié le par Père Jean-Christophe Cabanis

Gn 1, 1 – 2, 2 ; Ex 14, 15 – 15, 1a ; Ez 36, 16-17a.18-28 ; Ro 6,3b-11 ; Ps 117(118) ; Mt 28, 10-10

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Ces textes que nous aimons entendre le soir de Pâques et qui remontent à la nuit des temps sont très actuels. J’ai noté 4 thèmes actuels : l’écologie, la non-violence, les migrations, la fraternité.

Le récit de la Genèse nous parle de l’origine du monde, de la Création. En ce temps où on s’inquiète de la dégradation de la planète, tout est dit pour le respect de la nature qui est décrit comme une œuvre d’art, et de la responsabilité de l’homme et de la femme par rapport à la Création. Ils en sont comme les gardiens. Il est beaucoup question de semences et d’espèces dans ce récit. Les semences pour assurer la pérennité de l’œuvre, les espèces pour la diversité. Dieu a fait une œuvre pour durer et a donné une variété d’espèces que l’homme doit protéger et non pas mettre en danger. Aujourd’hui, nous sommes dans le court terme, il faut tout tout de suite, quitte à épuiser la nature et les hommes. La Genèse nous dit bien qu’il y a le 7ème jour dans la Création où Dieu s’est reposé. La nature a besoin aussi de ce repos, sinon elle est exploitée.  Le jour du Seigneur est celui qui donne le sens. Pour nous chrétiens, c’est le Dimanche, le jour de la résurrection du Seigneur que nous fêtons aujourd’hui. Sachons donner une dimension spirituelle à notre monde, révéler que le sens du monde est donné par l’amour.

Le récit de la libération d’Egypte se passe avec beaucoup de morts du côté des Egyptiens, ce que l’on peut déplorer. Mais ce n’était pas la volonté de Dieu de les tuer tous. Moïse était allé trouver Pharaon a maintes reprises pour que le départ se passe dans la paix. Mais Pharaon a refusé. Le peuple Hébreux est parti d’Egypte, à la suite de Moïse sans aucune arme. Moïse avait seulement un bâton pour fendre la mer en deux. Les Egyptiens, eux, étaient armés jusqu’aux dents et ce sont eux qui ont péri. Les Hébreux ont acquis leur liberté par une action non-violente. Cela nous parle pour le monde d’aujourd’hui : ce ne sont pas les armes qui sont les plus fortes, mais la volonté des peuples de se libérer, pour cela ils doivent être bien guidés, s’appuyer sur la persévérance, la force du cœur mais pas celle des armes. Les armes conduisent à la tragédie.

Le livre d’Ezéchiel nous parle d’un rassemblement de toutes les nations. Tous ceux qui étaient disséminés à cause du péché des hommes seront rassemblés. Pensons à tous les migrants d’aujourd’hui. Il y a ceux qui migrent par choix, pour faire des études ou pour travailler. Mais la plupart des migrations sont subies, et elles ont pour origine le péché des hommes, que ce soit les exils à cause des guerres, ou les migrations économiques parce que des pays sont étouffés par d’autres au lieu d’être aidés dans leur développement. Nous voyons aujourd’hui que l’humanité ne peut pas se sortir toute seule de ces flux de migrants et de réfugiés. Ezéchiel nous dit que le Seigneur promet un grand bain de purification. Et qu’il promet surtout de changer les cœurs de pierre en cœur de chair. C’est au niveau du cœur que tout se joue. C’est un cœur nouveau qui nous est promis, un esprit nouveau. Il faut accepter cette purification, cette remise en question et repartir en abordant le monde avec le cœur, en voyant en l’autre un frère, une sœur et non pas un étranger, un danger.

Le mot frère, Jésus l’emprunte pour la première fois en parlant des apôtres au moment de sa résurrection. Lorsqu’il dit aux femmes : « allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée ». Jésus jusque là était le maître des disciples. Il y avait une relation d’amitié forte avec ceux qui le suivaient, mais Jésus n’avait pas encore employé le mot frère. En étant ressuscité, il est bien notre frère universel, et c’est la fraternité qu’il veut répandre à partir de son Eglise. Notre humanité est bien une famille et tout ce qui la touche nous touche, que ce soit de l’ordre de la souffrance ou de la joie. Jésus attend ses amis, ses frères et sœurs, en Galilée. C’est là qu’il nous attend aussi. La Galilée, c’est le carrefour des nations, là où se côtoient tous les peuples. Le tombeau est vide, ce n’est pas la peine de rester dans les lieux de mort ou de routine, mais nous sommes attendus dans nos lieux de vie, nos quartiers, là où nous travaillons ou nous sommes engagés. Nous sommes attendus par Jésus qui n’a pas fini de nous surprendre. Soyons heureux de cette aventure de la foi, et vous les 3 futurs baptisés et les 2 enfants qui allez faire votre 1ère communion, vous nous rejoignez dans cette belle aventure de fraternité. Ce n’est pas toujours facile, mais c’est ce qu’il y a de plus beau, d’avoir une vie qui a du sens. Le sens, c’est celui de l’amour, de la fraternité, de la solidarité avec tous, en particulier les plus défavorisés d’aujourd’hui et avec toute la Création.

Père Jean-Christophe Cabanis ; image http://nathou.n.a.pic.centerblog.net/50xtz93o.gif

Publié dans Mots du curé, Dimanche

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