24e dimanche du temps ordinaire, C - 11 septembre 2016 - Les paraboles de la Miséricorde

Publié le par Père Jean-Christophe Cabanis

Exode 32, 7-11.12-14
Psaume : 50 (51)
1ière lettre de saint Paul à Timothée : 1, 12-17
Evangile selon saint Luc : 15, 1-32
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C’est l’année de la Miséricorde et nous entendons aujourd’hui tout le chapitre 15 de St Luc, qu’on appelle l’évangile de la Miséricorde ! Ces trois paraboles, nous les aimons beaucoup, elles font partie de notre « patrimoine » chrétien dès le plus jeune âge (la parabole de l’enfant prodigue ou du Père miséricordieux est lue aux enfants du catéchisme lorsqu’on aborde la question du pardon).

Ce qui est étonnant, c’est que dans les 3 paraboles, l’attitude de celui ou celle qui nous fait penser le plus à notre Dieu n’est pas la même. Le berger, lorsqu’il perd sa brebis, il va la chercher, quitte à laisser provisoirement les 99 autres. La maitresse de maison, elle aussi cherche sa pièce. Par contre, le père de la parabole, il attend le retour de son fils. Lui qui était si inquiet, lui qui le croyait perdu, il guette son retour, mais il lui laisse sa liberté jusqu’au bout. Car il s’agit bien de liberté. Si le père aime son fils, il le laisse libre de mener ses projets, même s’il sait que ce ne sont pas de bons projets. L’important, c’est qu’il ne retire pas son amour, même à distance. Le fils, au fond de sa misère, ne se sent plus digne d’être aimé mais se souvient de son père. Il pense surtout à survivre. Mais son père l’aime toujours, il ne lui demandera pas de comptes, il ne le jugera pas mais va le couvrir de baisers et penser à fêter son retour. D’ailleurs, ce qu’il y a en commun entre ces trois paraboles, c’est la fête partagée avec tout l’entourage, cette joie et cette fête qui font penser à ce qui nous attend au rassemblement final, nous qui serons tous réunis après avoir vécu des moments, nous-mêmes, où nous nous sommes sentis perdus et qui avons besoin d’un Père plein de miséricorde à notre égard.

Nous pouvons nous redemander si le père n’aurait pas mieux fait d’aller chercher son fils quand il était dans la misère pour abréger sa souffrance. C’est aussi la réaction que nous pouvons avoir lorsque nous souffrons ou voyons des personnes souffrir et que nous nous demandons ce que fait le Seigneur, pourquoi il n’intervient pas. Nous ne croyons pas en un Dieu interventionniste. Nous croyons en un Dieu qui est présent par son amour. Il est là, de façon invisible, et il nous fait confiance. Il nous laisse libres et est présent comme un aimant qui nous attire par son amour.

Nous comprenons aussi la réaction du fils aîné. L’homme de devoir et de labeur, nous pouvons comprendre son incompréhension et sa colère devant la fête préparée pour son frère qui a dilapidé l’héritage familial et avait claqué la porte de la maison sans trop de gentillesse. Mais nous ne comprenons pas son manque de fraternité, lui qui est du même sang que son frère, qui a grandi avec lui. On ne sent pas d’amour, d’ailleurs il parle de lui à son père en disant « ton fils» et non « mon frère ». Il aurait peut-être le droit avec lui contre les injustices, mais la parabole veut aller au-delà d’une justice qui serait de l’ordre du calcul. Elle veut montrer un amour qui ne se calcule pas, qui est fait de don et de pardon. Un amour qui empêche toute rupture mais qui au contraire répare, réunit, donne et pardonne.

Demandons-nous en Eglise, vers qui nous devons aller ou devons-nous guetter, ceux qui sont dans des situations difficiles, qui se sentent perdus. Notre pape, qui a de l’humour, pense qu’il faudrait se préoccuper des 99 brebis éloignées lorsqu’à l’église nous sommes quelques unités… Pensons en particulier aux jeunes qui tentent parfois des expériences dans leur vie qui ne sont pas heureuses. Ne les jugeons pas mais aimons-les, ils sont nos jeunes frères, nos jeunes sœurs car nous avons tous le même Père Miséricordieux.

Père Jean-Christophe Cabanis

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