Paroisse Colomiers

Temps pascal : le second souffle - Edito du bulletin paroissial, mai 2020

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Nous avons vécu le Carême avec, au milieu, l’arrivée si déconcertante du confinement, à cause du coronavirus. Chacun s’est organisé pour vivre cette situation inédite le mieux possible. Nous pouvons tirer le chapeau à beaucoup de monde : les soignants bien sûr, mais aussi les enseignants, les parents qui ont eu à gérer leur télétravail en même temps que l’occupation de leurs enfants, travail ou loisir, dans des espaces parfois bien réduits. Chacun a contribué à l’effort collectif.

La semaine sainte et Pâques ont été un sommet pour notre vie chrétienne bien particulier cette année. Les rassemblements si ressourçants n’ont pas eu lieu, les célébrations autour d’un prêtre le plus souvent seul ont été filmées dans le pays, et la foi a pu être alimentée par des écrans interposés. Mais aussi par toutes les idées qui ont été mises en place pour intérioriser les messages d’amour de notre Dieu. Pour les petits et les grands, la paroisse a donné des pistes : merci à tous ceux qui, au niveau de la catéchèse, de l’aumônerie, de la préparation aux sacrements pour les adultes ou dans d’autres services, ont permis l’annonce de Jésus ressuscité comme une bonne nouvelle. Et bien sûr à l’équipe communication de la paroisse, très active.

Nous sommes maintenant dans le temps de Pâques. Il nous tarde que ce soit la fin du confinement ! Et pourtant, le déconfinement sera progressif. Les plus petits feront leur rentrée les premiers à l’école, si les parents sont d’accord, puis viendront les collégiens et enfin, nous l’espérons, les lycéens. Quant aux étudiants, ils savent que la fin de l’année se passera chez eux derrière leurs écrans. Nous sommes déçus que les rassemblements en Eglise soient aussi reportés à plus tard, au mois de Juin, c’est-à-dire après la Pentecôte. Finalement, c’est tout le temps pascal que nous allons encore vivre confinés ! C’est une déception, mais le souffle de l’Esprit nous réserve sûrement des surprises. Continuons à être à son écoute, à nous nourrir du pain de vie de la Parole de Dieu avant de regoûter à la table de l’eucharistie.

C’est aussi notre façon d’être solidaires de ceux pour qui le prolongement du confinement est confirmé : les lycéens et étudiants, mais aussi les personnes âgées, les restaurateurs, hôteliers, sportifs professionnels ou intermittents du spectacle.

Jésus ressuscité, pour l’instant, n’est pas dans les églises lors des rassemblements qui n’ont pas lieu. Mais il est ailleurs, dans la Galilée d’aujourd’hui, et aussi la Samarie d’aujourd’hui, ces lieux qui n’ont pas la meilleure réputation et où pourtant le Christ peut nous précéder dans le cœur de ses habitants. Le confinement a des inconvénients car il est « contre nature ». Pourtant, la nature profite de nos consommations diminuées. Alors continuons à vivre ce temps où Jésus ressuscité nous apparaît là où on ne l’attend pas, nous apporte sa paix, nous conforte dans notre foi et dans son amour, pour être prêts à vivre « l’après », « le temps ordinaire » d’une façon différente. Ne nous préparons pas à reprendre nos habitudes mais à suivre l’Esprit là où il nous appelle pour participer à un monde où l’amour, et non le virus, a le dernier mot. Que le temps pascal soit un temps où nous soyons travaillés par l’Esprit pour être prêts, ensemble, avec tous les acteurs de la société, à relever les défis qui nous attendent, ceux de la participation à un monde moins malade.

P. Jean-Christophe Cabanis, Edito de l'Espace85, mai 2020

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