Ph 2, 6-11 Christ s'est abaissé… Dieu l'a exalté

Publié le par Paul C.

Lecture Priante de la 2ème lecture du dimanche des Rameaux et de la Passion 2017
Esprit de Dieu, ouvre mon intelligence et mon cœur :
comprendre ce texte, me l'appliquer, le prier, vivre dans sa grâce.
 
Lettre de l'apôtre Paul aux chrétiens de Philippe (2,6-11)
- Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu.
Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix.
- C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers, et que toute langue proclame : "Jésus Christ est Seigneur" à la gloire de Dieu le Père.

 

- Jésus ayant le condition de Dieu... devenant semblable aux hommes". Des expressions fortes, dont je suis invité à peser le sens... Il ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu ; autres traductions : Il n'a pas considéré comme une proie à saisir d'être l'égal de Dieu, ou bien : Il n'a pas revendiqué son droit d’être traité à l’égal de Dieu. Jésus ne s'est pas cramponné à sa situation divine dont il aurait eu impérativement besoin pour être lui-même… Il est Dieu, mais sa divinité est comme enfouie dans son humanité. Il ne la brandit pas comme une arme ou une couronne royale ! Beaucoup de scènes évangéliques en témoignent.

- Il s'est anéanti. Ou bien Il se dépouilla. Le verbe originel grec pourrait se traduire par "Il se vida" (le décalque du mot grec a donné pour les exégètes et les théologiens le terme de "kénose" du Christ). Le Christ Jésus se "vide" de sa condition divine, pour être entièrement homme avec les humains. Le Très Haut est aussi le Très Bas… Ce n'est pas toujours facile à comprendre, et j'ai peut-être à m'interroger là-dessus et à prier.

- Prenant la condition de serviteur. Jésus-Dieu s'abaisse au plus bas de la condition humaine de son temps, la condition d'esclave. "Le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir" (Mathieu 20,28). Je pense au Serviteur mystérieux du prophète Isaïe (Isaïe 42-53), dans lequel les plus religieux des juifs et les chrétiens ont vu la figure d'un Messie serviteur souffrant, et pas humainement glorieux du tout. Je peux relire avec attention et prière la première lecture de la messe de ce jour : "J'ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient…" Et, bien sûr, l'évangile de la Passion.

- Devenant obéissant… Accueillant avec confiance le désir du Père de voir son Fils pleinement homme, homme en toutes ses dimensions, y compris la tentation de prendre un autre chemin que celui souhaité par le Père (les 3 tentations du début de la vie publique, le moment de détresse au jardin des Oliviers). Le psaume de la messe de ce jour me fait prier avec le Christ en croix : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? Où es-tu, Père, en ce moment, je ne sens pas ta présence, m'as tu oublié ?

- Jusqu'à mourir sur une croix. La fin d'une vie en croix, c'était impensable, dans ce monde gréco-romain. Dans l'art chrétien, la représentation du Christ en croix ne commencera à apparaitre qu'au 4ème siècle, avant on n'y pensait pas ou on n'osait pas.

- C'est pourquoi Dieu l'a exalté… Ou bien : Dieu l'a élevé… Le Christ Glorieux ressuscité dans le soleil du matin de Pâques. Le C'est pourquoi m'intrigue. Cela veut tout simplement dire "alors", comme une suite normale, et introduire la face glorieusement divine du mystère du Christ homme. Il lui a conféré le Nom…. Jésus dans son humanité participe au Nom (avec un N majuscule). Le "Nom" dans la Bible, c'est Dieu lui-même. Jésus est adoré dans sa divinité et son humanité, dans sa plénitude. Jésus Christ est Seigneur : cela me renvoie à cette formule traditionnelle, "Notre Seigneur Jésus Christ". "Seigneur", dans la bible, est un titre réservé à Dieu lui-même. Pour la gloire de Dieu le Père. La "gloire" ! Pour la bible, ce n'est pas la célébrité, ce n'est pas la gloriole. C'est l'essence même de quelqu'un, sa valeur réelle et profonde. Le Christ glorieusement en croix est près du Père, au cœur de la Trinité, avec l'Esprit.

Paul C.

 

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