Paroisse Colomiers

Psaume 21 (22) Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?

Esprit de Dieu, ouvre mon intelligence et mon cœur.
1. Que dit ce texte ? 2. Que me dit ce texte ? 3. Que vais-dire au Seigneur ? 4. Vivre dans la grâce du texte.

********************

Psaume 21 (22)
2. Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?
8. Tous ceux qui me voient me bafouent, ils ricanent et hochent la tête :
9."Il comptait sur le Seigneur : qu’il le délivre !  Qu’il le sauve, puisqu’il est son ami !"
17. Oui, des chiens me cernent, une bande de vauriens m'entoure ; ils me percent les mains et les pieds,
18. je peux compter tous mes os.
19. Ils partagent entre eux mes habits et tirent au sort mon vêtement.
20. Mais toi, Seigneur, ne sois pas loin : ô ma force, viens vite à mon aide !
22. Tu m'as répondu !
23 Et je proclame ton nom devant mes frères, je te loue en pleine assemblée.
24. Vous qui le craignez, louez le Seigneur.

____________________________________________________________________________________________

 
Dans le Judaïsme, le personnage de ce psaume n'a pas été interprété comme une figure du messie. La tradition juive le réfère plutôt au livre d'Esther, ce récit symbolique où une juive, Esther, épouse d'Assuérus, roi de Perse, met sa vie en danger pour sauver son peuple, faisant succéder aux larmes la joie exaltante.
 
Ce psaume est aussi appelé "psaume du serviteur souffrant" par les chrétiens qui y lisent la Passion du Christ, dont ils voient une description fidèle, bien que le Psaume ait été écrit plusieurs siècles avant. C'est au début de ce psaume que Jésus crie peu avant de mourir sur la croix.
 
Pourquoi ? Une interrogation qui n'est pas rare, dans d'autres psaumes, dans Jérémie, dans Job, et que je peux avoir dans ma vie personnelle faite de haut et de bas. Il nous arrive de dire, ou de  penser:  où est Dieu ?  Particulièrement en cette période de maladie mondiale... Où es-tu, Seigneur ? Pourquoi ?
Pourquoi, Seigneur, es-tu si loin ? Pourquoi te cacher aux jours d'angoisse ? (Ps 9b)
* Réveille-toi ! Pourquoi dors-tu, Seigneur ? Lève-toi ! Ne nous rejette pas pour toujours. Pourquoi détourner ta face, oublier notre malheur, notre misère. (Ps 43)
Pourquoi me rejeter, Seigneur, pourquoi me cacher ta face ? (Ps 87)
Dieu de ma louange, sors de ton silence. (Ps 108)
 
Ces "pourquoi", la liturgie des Rameaux, dans ce psaume d'ouverture à la Semaine Sainte, nous invite à les vivre en contemplant le Christ en croix. Vers la neuvième heure, Jésus cria d’une voix forte : "Éli, Éli, lema sabactani ?", ce qui veut dire : "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? (Mt 27,46) Évangile de cette messe, Jésus mourant crie sa souffrance avec les mots du psaume. Il habite spirituellement ce psaume de l'intérieur, dans son entier.
 
Dans le choix des versets du psaume que propose la liturgie, je suis invité à être présent au crucifiement.
8 et 9. Les moqueries envers Jésus en croix de la part des passants, de la part des grands prêtres, des bandits crucifiés avec lui... Où suis-je dans cette foule ? Quelle est mon attitude ?
17 et 18. Ces "chiens", ces "vauriens" qui percent "les mains et les pieds". Les plaies du Christ, refuges pour moi. Chuerric d'Igny Cistercien (12ème siècle). Homme, entre dans le rocher, cache-toi dans le creux de la terre, place ta retraite dans les Plaies du Divin Crucifié. Il est la pierre, il est la terre, parce qu'il à la fois Dieu et homme, il est la pierre creusée, la terre fouillée, car il dit lui-même : "Ils ont creusé mes mains et mes  pieds, ils ont inventorié tous mes os".
19. Le partage des vêtements. L'entrée des païens dans l’Église, les nations  se disputent une part de la souffrance rédemptrice du Christ...
20. La force du Crucifié. Au sein de la souffrance, Jésus veut croire a la certitude de la proximités de Dieu son Père. Je t'aime, Seigneur, ma force : Seigneur, mon roc, ma forteresse, Dieu mon libérateur, le rocher qui m'abrite, mon bouclier, mon fort, mon arme de victoire !(Ps 17)
22. Tu m'as répondu. La liturgie n'a pris que la fin du verset 22. Le voici en entier : Sauve-moi de la gueule du lion et de la corne des buffles. Ces quelques mots, Tu m'as répondu apparus, soudainement, à la fin d'une supplication, ouvrent la porte à un tiers du psaume, un tiers fait de confiance, d'espérance et même de joie. Jésus ne crie que le début du psaume. Mais il a dans le cœur tout le psaume, il n'a pas la force de le proclamer en totalité.Il prophétise la libération et le triomphe du Messie, et la fécondité de son Sacrifice. Ce psaume du Vendredi Saint est donc aussi un psaume de Pâques. Embrasser d'un même regard la croix et la résurrection. Lorsque Jean parle de la passion, il n’emploie jamais les mots "croix-crucifier", il parle d’élévation. Pour Jésus, sa Passion, c’est le moment de son intronisation royale, c’est le moment de son retour vers le Père, c’est le moment de sa glorification. Pour l'évangéliste Jean, "crucifier"Jésus, c’est "l’élever". Jésus en croix est devenu pour Jean le roi qui règne à partir du trône royal de la croix. C’est ainsi que Jean comprend la croix : elle n’est pas un échec, elle est le lieu de la victoire de Jésus, c’est de ce lieu que Jésus commence à régner.
23 et 24. Je proclame ton nom devant mes frères, je te loue en pleine assemblée.Le psalmiste peut sortir de sa solitude, il appelle ses frères à partager son allégresse. Il appelle aussi les "craignants Dieu", les hommes et femmes de bonne volonté, tous ceux toutes celles qui en ce moment se donnent au service de la société. Il y a, il y aura, une joie de  Pâques, pour eux. C'est, finalement un psaume d'espoir, si on en reste pas au premier verset.
Paul C.

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article