Paroisse Colomiers

Psaume 64 (65) Tu visites la terre et tu l'abreuves

Lecture Priante du psaume du15ème dimanche ordinaire A
(Lectio Divina)
Esprit de Dieu, ouvre mon intelligence et mon cœur.
1. Que dit ce texte ? 2. Que me dit ce texte ? 3. Que vais-dire au Seigneur ? 4. Vivre dans la grâce du texte.
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Psaume 64 (65)
10 Tu visites la terre et tu l'abreuves, tu la combles de richesses ; les ruisseaux de Dieu regorgent d'eau : tu prépares les moissons. Ainsi, tu prépares la terre,
11 tu arroses les sillons ; tu aplanis le sol, tu le détrempes sous les pluies, tu bénis les semailles.
12 Tu couronnes une année de bienfaits ; sur ton passage ruisselle l'abondance.
13 Au désert, les pâturages ruissellent, les collines débordent d'allégresse.
14 Les herbages se parent de troupeaux  et les plaines se couvrent de blé. Tout exulte et chante !

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Regardons d'abord les versets qui précèdent l’extrait liturgique. Un psaume de louange. Après une année fertile et d'abondantes pluies, le peuple remercie le Créateur. L'ouverture : Il est beau de te louer... toi qui écoutes la prière. Encore un rappel de la priorité de la louange. Savons-nous louer, remercier Dieu, rendre grâce ? Lui dire simplement que nous l'aimons ? Nous savons bien demander, par contre, surtout quand ça ne va pas ! Le psaume nous dit, en particulier, que Dieu est un Dieu qui pardonne : Jusqu’à toi vient toute chair avec son poids de péché. Dieu a pardonné à son peuple en le libérant de l'exil. Alors le psaume évoque la puissance de Dieu : Sa force enracine les montagnes... Il apaise le vacarme des mers. Un renvoi à la ''force'' de Dieu du premier chapitre de la Genèse sur la création du monde.

 

C'est alors que surgissent les versets de notre dimanche. Un hymne au Dieu Providence qui, libérant son peuple, lui procure comme une re-création, comme un nouveau printemps. Un ruissellement de ''bénédictions'' symbolisées par les pluies de printemps. Un prolongement de la première lecture, du prophète Isaïe. La fécondité de la parole de Dieu symbolisée par la fécondité de la pluie et de la neige donnant la semence au semeur et le pain à celui qui doit manger. Le printemps judéen, aux temps bibliques, est spécialement bien accueilli, avec joie. La campagne chante de tous ses sillons, de toutes ses collines. L'herbe verte, les fleurs, les ruisseaux, les troupeaux... tout crie de joie ! Et l'on rend grâce à Dieu, car on considère que tout cela est don du Seigneur. Les ruisseaux de Dieu ! Dix fois le pronom ''tu'' et un verbe à l'indicatif indiquant une action de Dieu, une action dans l'action du cultivateur. Et sur ''ton'' passage ruisselle l'abondance. Une remarque : Israël n'est pas seul sur cette terre de Judée, il cohabite avec d'autres peuplades, il y a donc une petite idée d'universalité. Il y a des chants païens du même genre au Dieu Baal, ce qui montre que la nature renvoie d’instinct à un au-delà.

 

Jésus a prié ce psaume. Je vais me mettre à ses côtés. L'évangile de ce jour : Voici que le semeur sortit pour semer... Jésus connaît toutes les sortes de terre où peut tomber la semence, et toutes les sortes de fécondités. Il va expliquer à ses apôtres que la semence est sa parole. Jésus était très sensible à la nature, lui qui voyait son Père comme le ''jardinier'' de la terre : Il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. (Mt 5,45). Ou comme le vigneron attentif au soin de sa vigne : Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron.(Jean 15,1)

 

Je peux orienter ma prière à l'école de François d'Assise dont parle ainsi le pape François dans son encyclique ''Laudato Si.'' Tout comme cela arrive quand nous tombons amoureux d’une personne, chaque fois qu’il regardait le soleil, la lune ou les animaux même les plus petits, sa réaction était de chanter, en incorporant dans sa louange les autres créatures. Il entrait en communication avec toute la création, et il prêchait même aux fleurs ''en les invitant à louer le Seigneur, comme si elles étaient dotées de raison''.Sa réaction était bien plus qu’une valorisation intellectuelle ou qu’un calcul économique, parce que pour lui, n’importe quelle créature était une sœur, unie à lui par des liens d’affection. Voilà pourquoi il se sentait appelé à protéger tout ce qui existe.

 

Je peux compléter les mots de François d'Assise : Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures...spécialement messire frère Soleil... pour sœur Lune et les étoiles... pour frère Vent, et pour l’air et pour les nuages...pour notre sœur Eau...  pour sœur notre mère la Terre...L'encyclique continue : Cette sœur crie en raison des dégâts que nous lui causons par l’utilisation irresponsable et par l’abus des biens que Dieu a déposés en elle. (n°2).

Ma prière, également, celle du prêtre à l'Offertoire : Tu es béni, Dieu de l’univers, toi qui nous donnes ce pain, fruit de la terre et du travail des hommes ; nous te le présentons : il deviendra le pain de la vie.

Tu es béni, Dieu de l’univers, toi qui nous donnes ce vin, fruit de la vigne et du travail des hommes ; nous te le présentons : il deviendra le vin du Royaume éternel.

Paul C.

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