Rm 11, 13-15.29-32 Les Juifs dans la Nouvelle Alliance

Publié le par Paul C.

Lecture Priante de la 2ème lecture du 20ème dimanche ordinaire année A
(Lectio Divina)
Esprit de Dieu, ouvre mon intelligence et mon cœur :
comprendre ce texte, ce qu'il me dit, le prier, vivre dans sa grâce

 

Lettre de saint Paul apôtre aux Romains (11,13-15. 29-32).

Frères, je vous le dis à vous, qui venez des nations païennes : dans la mesure où je suis moi-même apôtre des païens, j’honore mon ministère,  mais dans l’espoir de rendre jaloux mes frères selon la chair, et d’en sauver quelques-uns. Si en effet le monde a été réconcilié avec Dieu, quand ils ont été mis à l’écart, qu’arrivera-t-il quand ils seront réintégrés ? Ce sera la vie pour ceux qui étaient morts ! [...] Les dons gratuits de Dieu et son appel sont sans repentance. Jadis, en effet, vous avez refusé de croire en Dieu, et maintenant, par suite de leur refus de croire, vous avez obtenu miséricorde ; de même, maintenant, ce sont eux qui ont refusé de croire, par suite de la miséricorde que vous avez obtenue, mais c’est pour qu’ils obtiennent miséricorde, eux aussi. Dieu, en effet, a enfermé tous les hommes dans le refus de croire pour faire à tous miséricorde.

 

Je vous le dis à vous qui venez des nations païennes. Paul s'adresse  à une partie des chrétiens de Rome, aux anciens païens (le mot "païen", pour un juif de son époque, désigne le non-juif ; de même, le mot "les nations"). Paul, dans sa mission d'annonce de l'Evangile, a été amené à se tourner prioritairement vers les païens : Je suis moi-même apôtre des païens. Ses frères juifs dans leur ensemble refusent le message de Jésus. Et pour lui, c'est une grande souffrance, dit-il dans la 2ème lecture de dimanche dernier. Ce refus de l'Evangile par les juifs, c'est aussi un déclic pour Paul. Et il l'exprime à sa façon, comme étant une chance pour les païens, une bonne aubaine, un signe du Seigneur. Paul va aller alors vers les "périphéries", comme aime nous y exhorter notre pape François. Et, dans son langage, il rêve que cela rende jaloux mes frères selon la chair et provoque ainsi, un jour, une sorte de sursaut de leur part : Ce sera la vie pour ceux qui étaient morts !

 

"Ils ont été mis à l'écart", écrit Paul. Comment comprendre ? Une condamnation de la part de Dieu ? Puisque vous ne voulez pas, tant pis pour vous, je vais donner ma miséricorde à d'autres ! Ce n'est pas le portrait habituel de Dieu que Paul donne dans ses écrits, ni celui que propose les Evangiles. Mis à l'écart ? Comme mis de côté, en réserve, en attendant des jours meilleurs, des jours où l'ensemble religieux du peuple juif accueillera la miséricorde de Dieu. Paul croit fermement à ce moment de l'histoire du Salut, mais sans s'inquiéter de savoir comment ni quand cela se fera. Paul est certain, cela se fera, c'est pour lui une foi et une espérance. C'est le mystère de Dieu.

 

Car, les dons  gratuits de Dieu et son appel sont sans repentance, c'est à dire irrévocables (autre traduction) , c'est la phrase-clef de notre texte. Jadis vous avez refusé de, croire en Dieu, "vous" les anciens païens. Une façon de leur dire que, eux aussi, ont vécu un moment de refus de Dieu. A présent, grâce pour ainsi dire au refus de la majeure partie des juifs, les apôtres se sont tournés vers les païens, vers nous, vers moi. Une occasion de me dire que ma foi est celle d'un "païen", d'un non-juif entré dans l'Alliance de Dieu qui a commencé jadis avec le peuple juif et qui est arrivée à maturité, à sa plénitude, en Jésus-Christ.

 

Dieu a enfermé tous les hommes dans le refus de croire. Est-ce Dieu qui est la cause du refus de tous de le connaître ? Oui, d'une certaine façon, car il a fait l'homme comme un être libre. Mais à travers ce langage ancien, je suis surtout attentif à la suite de la phrase de Paul : pour faire à tous miséricorde. "Pour", c'est-à-dire, "afin de", "dans le but de". Là est l'essentiel : Dieu n'est que miséricorde.

 

Dans ma prière en ce moment proche de la fête de l'Assomption, je vais me tourner vers la Vierge Marie, mère juive du juif Jésus. Je vais prier Dieu avec elle : Qu'ils progressent dans l'amour de son Nom et la fidélité à son Alliance. Dieu éternel et tout-puissant, toi qui as choisi Abraham et sa descendance pour en faire les fils de ta promesse, conduis à la plénitude de la rédemption le premier peuple de l'Alliance, comme ton Eglise t'en supplie. Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. (Prière Universelle du Vendredi-Saint pour les juifs)

Paul C.

 

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