Rm 14,7-9 Pour soi-même ou pour le Seigneur ?

Publié le par Paul C.

Lecture Priante de la 2ème lecture du 24ème dimanche ordinaire année A

(Lectio Divina)

Esprit de Dieu, ouvre mon intelligence et mon cœur :

comprendre ce texte, ce qu'il me dit, le prier, vivre dans sa grâce.

 

Lettre de saint Paul apôtre aux Romains (14,7-9)
Frères, aucun d'entre nous ne vit pour soi-même, et aucun ne meurt pour soi-même : si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur ; si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Ainsi, dans notre vie comme dans notre mort, nous appartenons au Seigneur. Car, si le Christ a connu la mort, puis la vie, c'est pour devenir le Seigneur et des morts et des vivants.

 

La liturgie continue de nous faire entendre des extraits de l’épître de Paul aux chrétiens de Rome. Dimanche dernier, c'était une invitation pressante à l'amour mutuel : n'ayez de dette envers personne, sauf celle de l'amour mutuel. Dans la communauté de Rome cohabitaient des convertis du judaïsme et des convertis du paganisme. Dans les versets qui précèdent la lecture de ce jour, Paul fait état de pratiques religieuses et sociales différentes issues du passé de chaque converti (en particulier habitudes alimentaires, jour de repos hebdomadaire...) Cela provoquait des incompréhensions, des frictions, des jugements défavorables des uns envers les autres. Le verset qui va clore notre texte, non cité ici, est clair : Toi, pourquoi juges-tu ton frère ? Et toi, pourquoi méprises-tu ton frère ? Paul renvoyait ces divergences à la conviction que tous ces chrétiens différents agissent pour le Seigneur. Une formule répétée trois fois avant notre texte.
Ce Seigneur, c'est le Christ Jésus. Le pour le Seigneur revient à nouveau trois fois aujourd'hui, en opposition avec deux pour soi-même. Le chrétien ne doit pas être un pour soi-même, centré sur sa seule personne. Le chrétien "appartient" au Christ Seigneur et des morts et des vivants. Voilà le lien communautaire entre tous. Les jours et les formes de prière, les variétés alimentaires ou d’habillement, à Rome... tout cela est secondaire : seul le Christ est premier.
Paul s'adresse aussi à nos communautés chrétiennes d'aujourd'hui. En leur sein, des sensibilités diverses, des façons de prier diverses, des dévotions diverses, des situations sociales diverses, des tempéraments, etc... Le lien essentiel, le Christ. J'ai à m'interroger. J'ai des agacements, je porte des jugements peu charitables, intérieurement et parfois aussi extérieurement, je critique... Encore des paroles piochées plus bas après la lecture de ce jour : Finissons-en avec ces jugements les uns sur les autres... Soyez accueillants les uns pour les autres, comme le Christ le fut pour vous à la gloire de Dieu.
Il y a aussi mes communautés humaines... Des différences multiples, des façons de penser et de vivre multiples. Bien sûr, il me faut des convictions bien enracinées. J'ai à porter des jugements sur une foule de choses, dans le domaine éthique par exemple, ou social, ou politique. Mais je n'ai pas à juger les personnes. La chose, c'est la chose ; la personne, c'est la personne. Exercice délicat et complexe...
Je peux enrichir ma prière avec la première lecture de Ben Sira le Sage : Rancune et colère, voilà des choses abominables... Pardonne à ton prochain... Le psaume me fait chanter la grande miséricorde de Dieu : Le Seigneur est tendresse et pitié... L’Évangile de Mathieu m'invite au pardon sans limite.
JF Kieffer, Mille images d’Église , Presse d’Île de France

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