Paroisse Colomiers

13 août 2018 : 1500e anniversaire de la naissance de Sainte Radegonde

L'église Sainte Radegonde de Colomiers est bien connue par les columérins. Profitons bien de la chaleur de la saison estivale pour visiter cette l'église. Mais qui était cette sainte ? Elle est patronne de Talmont (paroisse de Royan, où est envoyé notre séminariste, Guy Auburtin)

Radegonde était la fille du roi de Thuringe, Berthaire. Celui-ci ayant été assassiné, elle fut élevée à la cour de son oncle, le roi Hermenefrid. En 531, deux des fils de Clovis, Clotaire et Thierry envahissent la Thuringe, massacrent les habitants ; le roi Hermenefrid et sa famille s’enfuient ; Radegonde (alors âgée de 13 ans) et son jeune frère sont emmenés en captivité. Ils sont installés dans une des villas royales de Clotaire, à Athies en Vermondois dans la Somme où Radegonde fut traitée avec égard. Elle reçut sur les conseils de sainte Clotilde (la mère de Clotaire) une instruction de qualité. Des clercs ou des moines lui firent étudier Ia Bible, la vie des saints et les écrits des Pères de l’Église. Elle fut bouleversée par le Christ enseignant l'amour du prochain.

Radegonde épouse de Clotaire et reine de France

En 536, Clotaire devenu veuf, décide d'épouser Radegonde et de la faire reine. Radegonde était tout à fait opposée à ce mariage. Alors, elle s'enfuit, erra dans la campagne, se perdit et... fut rattrapée par les soldats de Clotaire. Finalement, elle accepta le mariage ; il eut lieu à Soissons. Devenue reine, elle consacra son temps à la prière et à soulager la misère qui régnait autour d'elle ; ce qui fit écrire à Fortunat, son confident et secrétaire : « Elle était unie à la vie du Christ plus qu'elle n'était unie à son époux par les liens du mariage ». Vers 544, Clotaire ayant fait assassiner son jeune frère, Radegonde décida de rompre avec son cruel époux et de se consacrer à Dieu. Elle s'installa dans une villa de Clotaire à Saix, dans la Vienne, et, là, se mit entièrement à la prière et au service des plus pauvres, les soignant et les nourrissant.

La moniale Radegonde

En 552, elle décida, avec l'autorisation de son mari, vieillissant, de fonder un vrai monastère à Poitiers. Radegonde et sa petite communauté purent en prendre possession le jour de Pâques 561. En 569, elle réussit à obtenir de l'empereur Justin II un morceau de la vraie croix qui fut introduit solennellement et dans la liesse populaire le 19 novembre dans le monastère qui portera désormais le nom de Sainte Croix.

Radegonde la sainte

La reine-moniale *- de Nicolas Legendre, vers 1658

La grande préoccupation de Radegonde fut toujours de soulager la souffrance des plus miséreux. Fille de roi, reine elle-même, elle les servait en personne à table, les soignait, allant jusqu’à embrasser les lépreux. Après la mort de Clotaire (561), quand ses fils se disputaient le Royaume, Radegonde multipliait les jeûnes  et les prières dès qu'une guerre menaçait, les exhortait à faire la paix Radegonde mourut le mercredi 13 août 587 Selon une de ses compagnes, quelques jours avant sa mort, elle vit en songe le Christ qui lui adressa "de suaves paroles" : « Sache bien que tu es une perle précieuse et l’un des plus beaux joyaux de ma couronne ». Sainte Radegonde fut une personnalité si marquante de l'histoire de France et une si grande sainte que son rayonnement s'est étendue même au-delà de l'Europe. Comme l'a écrit Jean Aubrun, moine de Ligugé, auteur d'un ouvrage sur la sainte : Radegonde, fleur éclatante de sainteté évangélique au milieu d'un siècle de sang…

Jacques Mathieu

(1) L'année exacte de la naissance de la sainte n'est pas connue, mais la plupart des historiens s'accordent à la situer vers 518

Source :  le journal du doyenné de Royan, n°13, mars-avril 2018, p.5. Merci Guy Auburtin pour ces documents de la paroisse de Royan.

* Sur une simple tunique d'une moniale, l'artiste "Nicolas Legendre" recouvre la sainte qui est debout, d'un riche manteau semé de fleurs de lys, une couronne sur la tête, tenant un sceptre de la main droite, et un livre de la main gauche. Il s'agit plus d'une représentation symbolique d'une "reine-moniale", que d'une reine mérovingienne, car les fleurs de lys sont l'emblème de la monarchie à partir des capétiens ! (Augustin J.L., 1999. Mémoires de Sainte-Radegonde, exposition présenté à la bibliothèque municipale de Colomiers. Journée du patrimoine, septembre 99, p.16)

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