Paroisse Colomiers

Toussaint, bonne fête

« Heureux » : Jésus répète ce mot de bonheur à la foule qui est composée de personnes dont la vie quotidienne n’est souvent pas facile. Il y a le contexte global de l’occupation romaine et le quotidien fait de pauvreté, de maladies, d’avenir incertain. Mais Jésus insiste sur le bonheur, en premier lieu pour les pauvres : « Heureux les pauvres de cœur, le Royaume des Cieux est à eux ». Jésus change d’horizon. Il ne promet pas un bonheur immédiat et terrestre, il promet le bonheur du Royaume des Cieux. Ce n’est pas non plus un bonheur pour « après », après la mort par exemple. C’est un bonheur pour aujourd’hui parce que le Royaume des Cieux est comme superposé à notre monde. Il lui donne de la hauteur, de la profondeur, de la largeur, comme dirait St Paul. On peut prendre aussi l’image de la lumière. Dans le spectre de la lumière, il y a les rayons visibles, mais il y a aussi ceux qui sont invisibles et ce sont eux, souvent, qui réchauffent le plus.
Notre monde est attaché à ce qui est visible, mais notre foi nous invite à l’invisible. Les signes de Dieu existent, ils sont nombreux, mais pour les déceler, il faut vivre ce que Jésus nomme la pauvreté du cœur. Il faut être dépouillé de ce qui est superficiel, de ce qui éblouit et empêche de voir avec les yeux du cœur. Ces jours-ci, ce qui est visible nous horrifie, il y a les assassinats à cause de l’extrémisme, il y a la pandémie qui met un frein à la vie à cause des problèmes de santé ou des soucis économiques qu’elle génère, il y a les drames des migrants. Mais il y a le Royaume que l’on perçoit à partir de toutes les attentions, toutes les marques d’amour, et c’est cela qui nous rend heureux.
Le climat aujourd’hui est anxiogène, il ne l’était pas moins du temps de Jésus en Palestine, et pourtant, Jésus annonçait que le Royaume de Dieu est tout proche. Sachons déceler ces signes du Royaume, ceux qui nous rendent heureux d’un bonheur que l’on a envie de partager. Le bonheur vient de la consolation quand on pleure, nous dit Jésus. Sachons être ces consolateurs, à l’écoute de ceux qui souffrent, sachons nous tourner nous-mêmes vers notre Dieu qui nous console comme un père ou une mère, nous qui sommes ses enfants.
Jésus invite à la douceur. La douceur est une force, et non pas une faiblesse. La douceur permet d’aller loin, de gagner la terre, nous dit Jésus. Notre Terre, elle est convoitée par la violence et elle n’est pas partagée, certains manquent de terre, d’autres la gaspillent. C’est par la non-violence et la douceur que la terre peut se recevoir et être partagée. Cela rejoint le combat de ceux qui ont faim et soif de la justice. Ils seront rassasiés affirment Jésus, et eux aussi seront heureux de leur combat pour les autres. 
Jésus nous invite à lui ressembler : Nous croyons en un Dieu miséricordieux, c'est-à-dire plein d’amour, de compassion et de pardon. Nous sommes heureux d’être aimés et d’être pardonnés, nous sommes aussi heureux d’aimer de la façon que Dieu nous aime.
Jésus nous invite aussi au bonheur qui passe par la pureté. Une pureté qui nous permettra  de voir Dieu ! Dieu, nous le cherchons. Il se laisse trouver chez les plus petits, les plus démunis. Nos efforts de pureté dans nos pensées, nos intentions, nous permettront de le reconnaître là où on ne l’attend pas. 
Nous sommes des enfants de Dieu. A ce titre, nous devons être des artisans de paix, à partir de nos engagements, de nos convictions, de notre foi engagée, même si cette foi peut être combattue. Notre bonheur, il est d’être avec le Christ comme ses compagnons, ses disciples. Jésus nous a aimés passionnément jusqu’à vivre sa Passion pour nous. Comme tous les saints et les saintes, suivons Jésus de façon passionnée, dans les moments de joie comme dans les épreuves et les persécutions. Et notre monde s’en portera mieux, se rapprochera du Royaume des Cieux.
P.Jean-Christophe Cabanis

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