Paroisse Colomiers

Veillée pascale (confinée)

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Gn 1,1-2,2  Ex 14,15-15,1a   Is 55,1-11   Rm 6,3b-11  Mt 28,1-10

Cet évangile de la résurrection est très beau, plein de délicatesse de la part de Jésus envers les femmes, les premières au tombeau. Elles ont reçu le message de l’ange auprès du tombeau vide. Le message que Jésus est vivant. Elles sont à la fois craintives et pleines de joie. Elles ont une mission, celle d’avertir les apôtres que Jésus est vivant et qu’il les attend en Galilée.

Mais Jésus, même si ce n’était pas nécessaire, tient à les rencontrer lui-même, et ce sont elles les premières à qui il apparait. Elles ne sont pas seulement les porteuses d’un message, elles sont aimées pour elles-mêmes. La rencontre avec Jésus vivant, cette rencontre remplie d’amour va donner encore plus de force à leur mission d’aller porter la bonne nouvelle aux apôtres que Jésus est vivant et qu’il leur donne rendez-vous en Galilée.

La Galilée, c’est là que tout a commencé : L’appel des premiers apôtres, l’enseignement aux foules, les guérisons, … Mais c’est aussi le lieu d’un nouveau départ, c’est la Galilée des nations qui va s’ouvrir au monde entier lorsque Jésus ressuscité enverra ses apôtres l’annoncer jusqu’aux extrémités de la terre. Et leur dira de faire des disciples et de baptiser au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Ce n’est pas qu’une question de géographie. St Paul nous dit que le baptême, c’est vivre pour Dieu en Jésus-Christ. C’est une vie nouvelle, où que nous soyons. Alors demandons-nous quelle vie nouvelle nous voulons mener, nous qui renouvelons notre baptême en cette fête de Pâques.

Nous aimons aussi retrouver ces textes fondateurs de la Genèse et de l’Exode à chaque veillée pascale. Ce sont des rappels importants pour notre foi en un Dieu Créateur et Libérateur, et ils nous parlent spécialement aujourd’hui dans la période que nous traversons. Comment vivre Pâques comme un passage lorsqu’on est confiné ?

Par rapport à la Création qui est malmenée aujourd’hui, le récit de la Genèse nous rappelle son origine et toute la délicatesse, là encore, que Dieu a mise pour que chacune des créatures soit bonne. Il y a un foisonnement de vie, une multitude d’espèces végétales et animales, et une capacité de reproduction de chaque espèce à partir des semences.

Et puis le sixième jour, c’est l’espèce humaine qui est créée, homme et femme à égalité, avec cette si grande distinction d’être créés à l’image de Dieu. Quelle dignité ! Quel mystère aussi ! Mais avec une certitude : Plus nous chercherons son image dans nos semblables ou en nous-mêmes, plus nous nous rapprocherons de Dieu. Plus nous chercherons Dieu et voudrons lui ressembler, plus nous nous aimerons.

L’homme a la responsabilité de la Création. Or aujourd’hui, la diversité est en danger puisqu’il y a beaucoup d’espèces qui disparaissent. Et le développement de la monoculture favorise la fabrication des semences plutôt que leur reproduction naturelle.  

Isaïe nous invite à prêter l’oreille : «Ecoutez et vous vivrez ». La parole de Dieu ne lui revient pas sans résultat. Si nous sommes à son écoute, alors nous saurons retrouver notre rôle de jardiniers de la Création par notre travail fécond et notre respect pour elle. Et aussi par la gratuité : « Venez sans rien payer » nous dit Isaïe.

Enfin le livre de l’Exode nous met dans une attitude de départ. Un départ qui n’est pas confortable, qui est risqué, mais qui est guidé et protégé. Un départ qui est le début d’une longue route, une longue marche. Cette marche ne se fait pas seul mais en peuple. Elle nous demande de quitter, d’abandonner ce qui nous asservit, comme le péché, individuel ou collectif. Sommes-nous prêts à ce départ ? Si oui, c’est tout de suite, en toute hâte ! Mais pas avec la peur au ventre, plutôt la joie, celles des premières messagères qui sont témoins que Jésus sera toujours avec nous, que son alliance est éternelle.

P. Jean-Christophe Cabanis

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