Le vent souffle où il veut

Publié le par Pçre Jean-Christophe Cabanis

A Colomiers, il n’est pas très difficile de savoir d’où vient le vent : nous levons la tête à chaque décollage ou atterrissage d’un avion et nous savons si c’est le vent d’Autan ou le vent qui vient de l’Ouest. Nous en profitons pour rêver aux destinations lointaines qui nous tentent. Ou bien nous pensons à la qualité du travail et de la recherche qui ont permis de faire voler des appareils si lourds et si utiles. Et aussi à la bonne collaboration européenne et au nombre de familles qui vivent grâce à la construction aéronautique. Nous pouvons aussi regretter le bruit, la pollution, le risque d’un crash…

Dans l’évangile de St Jean, Jésus nous dit : « Le vent souffle où il veut et tu entends sa voix, mais tu ne sais pas d’où il vient ni où il va » (Jn 3,8). Il ne suffit pas de lever la tête et de regarder le ciel, même s’il n’est pas interdit de rêver. Il ne suffit pas non plus de réfléchir à toutes les prouesses humaines ainsi qu’à leurs inconvénients, même s’il est recommandé de penser. Il faut sentir le vent, l’entendre et accepter d’être entraînés. Le vent dont nous parle Jésus est celui de son Esprit. Et il nous mène loin, lui aussi. Vers des destinations diverses, vers des prochains ou des lointains, mais ce sont toujours des destinations fraternelles. L’Esprit nous pousse dans le sens de l’amour. Il y a des jours où il souffle fort et la vie et notre mission nous semblent faciles. D’autres jours où le souffle est ténu, il faut tendre l’oreille, et nous avons besoin de temps pour nous élancer. Le vent de l’Esprit nous invite à prier, à partager, à donner, à pardonner, à aimer.

Les catéchumènes de la paroisse ont senti ce vent de l’Esprit qui les a entraînés à demander le baptême, la première communion ou la confirmation. Ils viennent de tous les horizons (pays d’origine et professions) et donnent eux-mêmes un souffle nouveau à notre Eglise. Il leur a fallu parfois batailler contre des vents contraires (résistances intérieures, doutes de l’entourage, autres évènements difficiles qui surviennent) pour arriver à prendre la décision de répondre à l’appel dans la paix. Ils sont prêts à écrire une nouvelle page dans le livre de leur vie. A nous de continuer à bien les accueillir, les accompagner, de participer à ce coup de vent dont le monde a besoin pour chasser les poussières d’individualisme, d’égoïsme ou de violence. Et à aller au large vers tous ceux qui attendent un message de paix, de joie, de foi.

Pour en revenir aux avions, le décollage et l’atterrissage se font face au vent. Le vent peut nous pousser pour aller toujours plus loin, mais les vents contraires sont aussi parfois nécessaires pour nous aider à nous poser, nous reposer, nous inviter à la prudence et nous faire repartir vers d’autres horizons missionnaires en ayant fait le plein d’amour.

Bon vent à chacun dans la joie du temps pascal !

                         J-Christophe Cabanis - Edito de l'Espace 85, mai 2017

Publié dans Espace 85, Mots du curé

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