13ème Dimanche B

Les textes d’aujourd’hui, en particulier la lettre de St Paul, nous parlent d’égalité. En ces temps d’élections où l’égalité fait partie de la devise républicaine, c’est intéressant. On parle souvent de fraternité, de liberté qui ont de fortes consonances chrétiennes, et l’égalité aussi.

Jésus dans l’évangile, inverse l’ordre qu’on voudrait lui imposer. Le chef de synagogue, Jaïre, voudrait qu’il aille tout de suite guérir sa fille. Jésus accepte de le suivre. Pourtant, la première qu’il va guérir, c’est cette femme qui va toucher son manteau par derrière, qui est pleine de modestie et de frayeur. Jésus va la guérir par une force mystérieuse qui va sortir de lui, mais il veut surtout la rencontrer, engager le dialogue avec elle. Et il lui parle avec beaucoup d’affection en l’appelant « ma fille ». Certainement que cette femme sera autant transformée par sa guérison que par le regard et les paroles si pleines de miséricorde que Jésus lui adresse en la félicitant sur sa foi.

Jésus va continuer sa route. Il n’est pas affolé par la nouvelle de la mort de la fille de Jaïre. Il place Jaïre sur le registre de la foi : « Ne crains pas, crois seulement ».

La foule est agitée, elle est spectatrice de ce qui se passe et plutôt dérangeante. Mais Jésus cherche l’intimité de la famille pour la guérison. Il a aussi beaucoup de délicatesse avec l’enfant, lui prend la main et lui dit cette phrase qui lui communique la vie : « Talitha koum ». « Jeune fille, lève-toi ». Il ne fait pas que la guérir, il la met debout. Il l’appelle « jeune fille » comme si elle avait grandi, quitté l’enfance. Cette enfant sera aussi marquée par l’attitude pleine de douceur et de fermeté de Jésus, et ses parents aussi. La famille entière aura grandi dans l’épreuve de la maladie et la joie de la guérison.

Jésus a une attitude égale dans ces deux guérisons. Il n’a pas donné une hiérarchie : d’abord la fille du chef de la synagogue et ensuite la femme seule, timorée. Pour Jésus comme pour son Père, nous sommes tous égaux à ses yeux.

Et de l’égalité, St Paul en parle très bien dans la deuxième lecture. Il dit que Jésus s’est fait pauvre pour nous enrichir de sa pauvreté. La phrase est difficile, mais elle veut dire que Jésus nous donne tout, jusqu’à se dépouiller en se faisant homme, homme pauvre, pour nous enrichir de son amour. Ensuite, il dit que ce que l’on a en abondance, on le donne à tous ceux qui en ont besoin et que l’inverse est vrai aussi. Ceux qui reçoivent peuvent aussi avoir en abondance autre chose à donner. Et c’est cela l’égalité. C’est très intéressant. Souvent on pense à donner à ceux qui sont dans le besoin, mais on ne pense pas à recevoir d’eux. On n’est pas dans l’égalité, on garde des niveaux différents, des niveaux sociaux en particulier.

Reconnaitre ses pauvretés et voir les richesses de l’autre, c’est peut-être cela rétablir l’égalité. L’égalité va bien avec la fraternité. On est frères et sœurs lorsqu’on se sent égaux, et en particulier égaux dans notre dignité et dans l’amour que nous recevons du Père. Nous savons que notre monde a beaucoup d’efforts à réaliser pour qu’il y ait moins d’inégalités et d’injustices. Soyons, par notre foi et notre vie en Eglise, des acteurs de générosité et de fraternité, et sachons valoriser les richesses de nos frères et de nos sœurs qui peuvent être intérieures, les richesses du cœur en particulier.

Nous ne sommes pas égaux dans la santé : Il y en a qui ont la chance d’être en bonne santé, certains ont des handicaps toute leur vie.

Nous ne sommes pas égaux dans nos vies de famille : certains ont des familles aimantes et unies, d’autres ont des familles désunies.

Nous ne sommes pas égaux eu niveau social : certains ont de bonnes situations et d’autres sont en recherche d’emploi.

Mais nous sommes égaux parce que nous avons tous reçu des dons du Seigneur. A nous de les découvrir, chez soi et chez les autres, de participer à une Eglise où nous sommes tous au même niveau parce que nous reconnaissons les dons les uns des autres. Reconnaissons aussi les dons de celles et ceux que nous accueillons ou vers qui nous allons aller dans un élan missionnaire. Et nous donnerons notre contribution à notre pays pour que l’égalité soit réelle, ainsi qu’à notre  monde.

« Talitha koum » : « lève-toi », c’est ce que Jésus dit à chacun de nous, en particulier aux jeunes et à l’intérieur des familles.

p.Jean-Christophe Cabanis

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