19ème Dimanche B

Nous continuons à entendre l’évangile du Pain de vie, qui est long mais qui recèle plein de trésors, qui nous éclaire en particulier sur l’eucharistie. Jésus vient de multiplier les pains pour nourrir la foule. Pourtant, c’est d’un autre pain qu’il veut parler, une autre nourriture qui est plus spirituelle. « Je suis le pain de vie » dit-il. C’est lui-même qui se donne en nourriture. On comprend que les Juifs qui l’écoutent soient un peu désemparés. Pourtant, dans ce discours sur le Pain de vie, Jésus ne veut pas parler de lui-même. Il veut toujours nous parler de son Père. Il veut nous conduire à Lui. Jésus est descendu du ciel, d’auprès de son Père, envoyé par Lui, pour rassembler les hommes, les sauver, les conduire vers son Père qui est notre Père. Jésus insiste sur la vie éternelle : « Celui qui mange ce pain vivra éternellement ». Et il ne veut oublier personne. Il n’est pas venu pour un cercle fermé, celui de ses apôtres ou de ses disciples, il est venu pour le monde entier : « Le pain que je donnerai, c’est ma chair donnée pour la vie du monde ».

L’eucharistie, qui est bien le pain de vie, Jésus qui se donne à nous, qui donne sa vie pour nous, ouvre à toutes les dimensions. Celle du temps, nous sommes projetés dans la vie éternelle, nous avons un horizon qui dépasse nos limites. C’est aussi l’horizon du Royaume des Cieux. Et celle de l’espace : c’est du monde entier dont il s’agit. Jésus veut sauver le monde, c’est-à-dire tous les hommes et aussi la Création. C’est pour cela que tout ce qui se passe dans le monde nous intéresse, nous concerne. Nous devons avoir une vie fraternelle avec tous les hommes et avec la Création, à préserver. L’eucharistie qui nous nourrit doit nous porter vers les plus isolés, vers ceux et celles qui ont faim et soif de fraternité, de reconnaissance, de sens.

L’eucharistie nous oriente de la meilleure façon pour faire la volonté de Dieu. Nous pouvons être pleins de bonne volonté et de générosité, mais connaître des déceptions lorsque nous nous fions seulement à nous-mêmes. C’est ce qui est arrivé à Elie, prophète de feu qui venait de faire une démonstration de force face aux faux prophètes. Et là nous le voyons tout seul, en plein désert, pourchassé par le roi et la reine, désespéré. Il va être nourri par ce pain qui préfigure l’eucharistie, qui va lui redonner de la force intérieure pour arriver jusqu’à l’Horeb, et là il comprendra sa vraie mission, celle d’un prophète de douceur et non de feu. Nous sommes aussi des prophètes, non pas pour annoncer nos propres messages, même s’ils sont pleins de générosité, mais pour annoncer la Parole de Dieu, qui est une nourriture dont les hommes, les femmes, les enfants d’aujourd’hui ont faim.

Et puis St Paul nous donne de bons conseils en nous disant de vivre de l’Esprit-Saint. D’écarter de nos vies tout ce qui est amertume, colère, méchanceté, et vivre de tendresse, de générosité, de pardon. Il nous invite à imiter le Christ. Que l’eucharistie, la communion, nous rapproche les uns des autres, nous fasse imiter le Christ pour que nous puissions témoigner de son amour, aller à la rencontre des faims d’aujourd’hui, faim de pain (n’oublions pas les pays qui souffrent véritablement de la faim comme Madagascar), faim de sens, faim de Parole, faim d’amitié et de partage.

Continuons à nous nourrir du pain du ciel de la Parole de Dieu et de l’eucharistie, nous qui sommes le Corps du Christ envoyé pour que le monde ait la vie en abondance.

P. Jean-Christophe Cabanis

1 R 19, 4-8 ; Ps 33 (34), 2-3, 4-5, 6-7, 8-9 ; Ep 4, 30 – 5, 2 ; Jn 6, 41-51 

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