1er dimanche de l'Avent, année B, 29 novembre 2020

Jésus vient d’annoncer que le Fils de l’Homme doit revenir dans les nuées, en grande gloire.

Et en attendant son retour, il faut veiller.
Et dans l’évangile d’aujourd’hui, il donne l’exemple de l’homme qui part en voyage, et en attendant son retour, il faut veiller. Jésus dit une troisième fois à ses amis qu’il faut veiller (comme il le leur dira trois fois aussi à Gethsémani juste avant sa Passion), mais cette fois, cette recommandation ne s’adresse pas qu’à eux mais à tous.
Nous sommes alors appelés à la vigilance. Veiller car Jésus promet de venir.  On ne sait pas quand ni de quelle façon mais il faut être attentif aux signes qu’il nous donne. Parce qu’il vient dans nos journées si nous savons l’attendre, le prier. Il vient à travers les rencontres que nous faisons, en particulier des plus pauvres. Il vient par surprise ! 
Nous sommes invités à prier comme des serviteurs à qui le maître a confié ses biens. Les biens que le Seigneur nous confie, nous savons que c’est à la fois la Création, la terre entière, et tous nos frères et sœurs. Veiller, c’est surtout veiller les uns sur les autres. Veiller est indissociable du verbe aimer. Veiller les uns sur les autres, mais surtout s’aimer les uns les autres. L’amour, il vient du maître à ses serviteurs, parce que Jésus dira que ses serviteurs, il les appelle ses amis.
Nous sommes invités à veiller sur la fraternité, et le pape nous donne de belles pistes dans sa dernière encyclique. Il nous invite en particulier à accueillir les migrants comme des frères et des sœurs. Ils peuvent eux-mêmes nous donner des leçons d’humanité comme le Bon Samaritain qui était un étranger mal aimé du temps de Jésus et qui a veillé sur l’homme roué de coups.
Nous avons à veiller les uns sur les autres, et en ce temps de pandémie c’est particulièrement important. Nous ne sommes pas tous présents à cette eucharistie, il y a ceux qui auraient voulu être là, nous devons leur partager la force d’amour que nous recevons, par notre attention redoublée.
Nous avons à veiller sur notre monde, que ce ne soit pas l’argent ou l’individualisme qui le dirige, mais encore une fois la fraternité, le partage. Nous avons à veiller sur la Création qui est en danger. C’est notre maison commune, et pourtant elle est malmenée. Toutes nos attentions pour moins gaspiller et moins polluer participent à une maison commune qui pourra être habitée par tous, à commencer par les sans-abris et les générations qui nous suivent.
« Veillez, je le dis à tous » insiste Jésus. Jésus ne s’adresse pas qu’à ses amis, à ses disciples, aux chrétiens. Son évangile est une bonne nouvelle pour tous les hommes. Noël que nous préparons est la fête de la naissance de Jésus qui est venu sauver tous les hommes. Notre foi doit nous porter à élargir nos horizons. On parle aujourd’hui par exemple du dialogue interreligieux. Arrivons-nous à le mettre en pratique ?
Il y a tous ceux qui ne croient pas comme nous mais qui pourtant veillent sur leur famille, veillent sur les malades en tant que soignants, veillent sur les plus petits, les enfants, les plus faibles… Nous pouvons veiller ensemble, cela nous empêchera de nous endormir chacun de notre côté.
Nous sommes tous créés avec la même pâte humaine et avec le souffle de Dieu. Isaïe nous rappelle que nous sommes l’argile façonné par la main de Dieu. Laissons-nous façonner par l’amour renouvelé de Dieu en ce temps d’Avent.

P. Jean Christophe Cabanis

 

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