La Nouvelle Evangélisation et l’exhortation apostolique « La joie de l’Evangile » Avec le père LEGAVRE

Vendredi 11 avril 2014.

Avec le père LEGAVRE, supérieur de la communauté des jésuites de Toulouse
La richesse et la beauté de cette « joie de l’Evangile » nous incitent à partager avec vous ce qui nous interpelle. (I) (II) (III) (IV)
Paul VI, dans l’exhortation apostolique sur l’évangélisation dans le monde moderne a écrit que la seule raison d’être de l’Eglise est l’évangélisation. Et en 2013, le cardinal Jorge Mario Bergoglio s’est expliqué sur la manière d’envisager l’évangélisation de la part de l’Eglise, lors du synode précédant le conclave. Ce qui a marqué la majorité des cardinaux ? Un appel au décentrement qui s’adresse à l’Eglise pour qu’elle devienne une « mère féconde »
  • Elle doit sortir d’elle-même pour aller aux périphéries géographiques et existentielles où se trouvent les misères.
  • Elle doit sortir pour évangéliser afin de ne pas devenir autoréférentielle et être alors malade : quand l’Eglise devient autoréférentielle, elle enferme le Christ, elle ne le laisse pas sortir, elle croit avoir la lumière, une lumière qui lui est propre, cela est un mal très grave qui s’appelle « la spiritualité mondaine ».
Pour faire simple, il y a deux images de l’Église : l’Église évangélisatrice qui sort delle-même,  l’Église mondaine qui se replie sur elle-même, d’elle-même, et pour elle-même.(http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Intervention-du-cardinal-Jorge-Mario-Bergoglio-lors-des-congregations-generales-precedant-le-conclave-_NG_-2013-03-27-925821) (fichier, en bas du texte)
Afin que l’Eglise soit la maison du Père, « sans douane » pour tous et chacun, il faut des chrétiens contemplatifs dans l’action. 
A travers l’intervention du cardinal Jorge Mario Bergoglio, le Christ est perçu comme « le centre » de la création et de l’humanité. Nous devons donc sortir de nous-mêmes pour aller rencontrer les autres : pauvres, prisonniers, aveugles, opprimés … (Lc 4, 18-19). Dans cette ouverture de l’Eglise, le Pape préfère une Église accidentée, blessée et sale, plutôt qu’une Église malade de la fermeture et du confort de s’accrocher à ses propres sécurités» (n°49). Enfin, notons un dernier point : la  nouvelle évangélisation concerne tout homme : Le Royaume concerne « Tous les hommes et tout l’homme » (Paul VI)[ n°145] Nous savons que « l’évangélisation ne serait pas complète si elle ne tenait pas compte des rapports concrets et permanents qui existent entre l’Évangile et la vie, personnelle, sociale, de l’homme »
(Voir les § 52-75) L’athéisme militant, le monde corrompu par la convoitise, l’obsession du profit et de la jouissance, l’économie de l’exclusion, l’idolâtrie de l’argent, la place des femmes dans l’Eglise (n°103), l’indifférence …
Les chrétiens, qui sont des hommes et femmes réalistes, font relever les points négatifs ci-dessus en :
Ne se laissant pas voler l’Évangile !
Ne se laissant pas voler la joie de l’évangélisation !
Ne se laissant pas voler l’enthousiasme missionnaire !
Ne se laissant pas voler la force missionnaire !
Ne se laissant pas voler la communauté !
Ne se laissant pas voler l’idéal de l’amour fraternel !
Ne se laissant pas voler l’espérance !
OUI,
Qu’on ne nous vole pas l’espérance, parce que cette force est une grâce, un don de Dieu qui nous porte en avant, en regardant le ciel " (15 août, messe de l’Assomption à Castel Gandolfo)
  • La communauté paroissiale est « une petite église locale ». Elle doit sortir d’elle-même, pour partager la joie. Cette joie de l’Evangile se répand non par prosélytisme mais par attraction, attractivité. Gal 2, 20 : « Ce n’est pas moi qui vis, mais c’est le Christ qui vit en moi ». A travers le fonctionnement de la communauté, le peuple dira non pas « voyez, comme ils sont organisés,  mais comme ils s’aiment». (Monseigneur Guy DEROUBAIX, évêque de Saint-Denis, 1996) 
    Savoir prolonger et partager la joie évangélique qui nous anime entre nous dans nos communautés. Mais surtout savoir rayonner cette joie, hors les murs de nos églises, là où Dieu nous envoie (famille, travail, loisirs…).
    Fonder notre espérance et notre joie dans l’infinie patience et miséricorde de Dieu.
  • La Nouvelle Evangélisation concerne chaque baptisé : regardons l’image de la Samaritaine pleine de joie après avoir rencontré personnellement le Christ, elle inonde son entourage du message de l’évangile : « Ce n'est plus sur tes dires que nous croyons; nous l'avons nous-mêmes entendu et nous savons que c'est vraiment lui le sauveur du monde (Jn 4, 42). » Et récemment Monseigneur George Pontier a insisté: « L’Évangile nous invite toujours à courir le risque de la rencontre avec le visage de l’autre, avec sa présence physique qui interpelle, avec sa souffrance et ses demandes, avec sa joie contagieuse dans un constant corps à corps. »  
    Le pape nous invite à prendre la décision de nous laisser rencontrer par Jésus-Christ, de le chercher chaque jour sans cesse. Conduire les gens à la rencontre du Christ Ressuscité est une urgence.
 
IV/ Quelle est ce chemin de la joie à laquelle nous sommes conviés ?    (début)
Cette  joie vient de Dieu, elle est désirable et se renouvelle sans cesse. Elle est grâce pour nous qui croyons au Christ Ressuscité. Personne ne peut nous l’enlever.
Cette joie est douce et réconfortante. Elle nous appelle à nous acheminer ensemble sur les chemins de l’évangélisation en donnant notre propre vie aux autres par Amour, avec Amour et en Amour : Dieu est amour.  Donc, imprégné et motivé  par cette joie, le chrétien ne devrait pas avoir constamment une tête d’enterrement. Car même lorsque c’est dans les larmes qu’il faut semer… Et n’oublions pas que la joie « cohabite » avec la souffrance. La souffrance peut provoquer ou un retour sur nous-même (amertume) ou un retournement vers le Christ dans son chemin pascal. « Dans la mesure où vous communiez aux souffrances du Christ, réjouissez-vous, afin d’être dans la joie et l’allégresse quand sa gloire se révélera ». (1Pierre 4, 13)
 
Tournons notre regard vers l’Etoile de la Nouvelle Evangélisation – Marie, avec elle en pleine confiance et espérance, nous avançons vers l’univers nouveau, la terre promise par le Ressuscité «Voici, je fais l’univers nouveau » (Ap 21, 5).
 
Enfin, nous remercions de tout cœur au Père Paul Legavre de nous avoir aidé à mieux saisir les fondements de la joie communicative dans l’annonce de la Bonne Nouvelle, et surtout de nous avoir donné le goût de lire et de relire cette Exhortation Apostolique afin de la mettre en pratique dans notre vie personnelle et communautaire.  (début)
La Nouvelle Evangélisation et l’exhortation apostolique « La joie de l’Evangile » Avec le père LEGAVRE
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