Publié par P. Jean-Christophe Cabanis

Cet évangile nous prend complètement à contre-pied. Nous sommes dans un été parmi les plus chauds avec beaucoup d’incendies et Jésus nous dit qu’il est venu apporter un feu sur la terre. Nous savons que le feu est symbolique, mais cela peut nous heurter quand-même. L’été, c’est aussi un temps où il y a pas mal de baptêmes, et nous nous en réjouissons. Mais Jésus dit qu’il va recevoir un baptême et que ça le remplit d’angoisse. Puis il affirme qu’il n’est pas venu apporter la paix sur la terre mais la division. Or si nous croyons que la paix vient de quelqu’un, c’est bien de lui, qui a dit à ses disciples après être ressuscité : « Je vous donne ma paix ». Et les divisions, elles ont plutôt pour auteur le diable, le diviseur, surtout lorsqu’il s’agit des familles, car Jésus est venu unir au contraire, avec le ciment de l’amour.

Merci à l'auteur de cette image

Le feu que Jésus est venu apporter, c’est celui de l’Esprit-Saint, annoncé par Jean-Baptiste : « Il vient après moi celui qui vient baptiser avec l’Esprit-Saint et le feu ». C’est un feu d’amour pour embraser nos cœurs. Non pas pour détruire, mais pour construire, pour réchauffer. Et le baptême dont parle Jésus, c’est celui de sa mort et de sa résurrection. C’est pour cela qu’il est angoissé : Il sait ce qui l’attend. Sa résurrection passe par sa lutte contre le mal, une lutte à mort, mais c’est bien l’amour qui en sort vainqueur. Notre baptême est notre identité, notre appartenance à la famille des chrétiens, mais c’est surtout un engagement à la suite du Christ. Nous pouvons connaître des épreuves, des souffrances, mais la foi en un Dieu qui nous aime et qui nous sauve est la plus forte. La paix dont parle Jésus, ce n’est peut-être pas celle à laquelle nous pensons, l’absence de conflits par exemple. La paix, ce n’est pas la tranquillité, même s’il faut des moments tranquilles ou de repos. La paix, nous la voulons pour le monde, c’est un engagement, elle vient après beaucoup d’entreprises de réconciliation, elle vient pour enrayer la violence. La paix, elle est avant tout intérieure avant d’être extérieure. Pour être artisan de paix, il faut être avant tout apaisé. Et Jésus vient d’abord nous donner cette paix intérieure. Une paix qui nous engage, qui ne laisse pas notre monde tranquille. Notre foi nous engage parfois à contre-courant, et ce sont les divisions dont parle Jésus, qui peuvent même arriver dans les familles. Jésus ne souhaite pas ces divisions, mais il les constate. Ce que veut Jésus, c’est rassembler la famille humaine. Les familles qui existent peuvent être un tremplin vers ce grand rassemblement, elles ne doivent pas être une limite, un repli sur soi. Les conflits familiaux liés à la foi font partie du chemin. L’important c’est de continuer ce chemin à la suite du Christ, où il peut y avoir des réconciliations, et des liens familiaux qui en sortent renforcés.

Nous avons un bel exemple d’engagement au nom de sa foi, c’est le prophète Jérémie. En acceptant sa mission de prophète, il n’a pas choisi la facilité ni la tranquillité. Au contraire, c’est l’adversité qui l’attend de la part de ceux qui refusent d’écouter sa parole. Dans la scène d’aujourd’hui, il est mis au fond de cette citerne où il s’enfonce dans la boue, promis à la mort. Il sera sauvé de la mort par le roi grâce à la compassion de cet Ethiopien, l’étranger. Nous avons des signes dans nos épreuves qui nous empêchent de nous décourager, qui nous encouragent au contraire à continuer notre mission, car nous sommes tous des prophètes.

Et puis dans la lettre aux Hébreux, l’auteur nous invite aussi à endurer les souffrances que nous pouvons connaître par nos engagements de foi. Et surtout il nous invite à avoir toujours les yeux fixés sur Jésus, nous qui sommes baptisés à sa suite, nous qui sommes des artisans de paix, nous qui participons à allumer un feu d’amour sur la terre avec l’Esprit-Saint, nous qui participons à la réconciliation de toute la famille humaine : Gardons les yeux fixés sur Jésus !

P. Jean-Christophe Cabanis
Jr 38, 4-6.8-10 ; Ps 39 (40), 2, 3, 4, 18 ; He 12, 1-4 ; Lc 12, 49-53
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