Publié par P. Jean-Christophe Cabanis

Ces textes d’aujourd’hui insistent sur l’humilité. A commencer par la lecture de Ben Sira le sage : « Plus tu es grand, plus il te faut t’abaisser ». L’humilité est une grande qualité chez les plus grands, elle est plus naturelle chez les plus petits. Le dernier conseil de Ben Sira est très juste aussi : « L’idéal du sage c’est une oreille qui écoute ». L’humilité, c’est savoir écouter l’autre. Ecouter l’autre, c’est reconnaitre sa grandeur, sa dignité. L’orgueilleux au contraire, ne se regarde et ne s’écoute que lui-même. Sachons être à l’écoute les uns des autres, à l’écoute du monde, de ses soifs, de ses appels, de ses souffrances. Notre monde malade ne peut être guéri que par l’humilité des hommes et non par leur arrogance. Surtout, il ne peut être guéri et sauvé que par Jésus, modèle d’humilité, dont l’auteur de la lettre aux Hébreux dit qu’il est le médiateur d’une alliance nouvelle.
Jésus insiste sur l’humilié dans l’évangile d’aujourd’hui où il est question de deux repas. Le repas où Jésus est lui-même invité, chez un pharisien, où il critique ceux qui choisissent les premières places. Ce n’est pas aux invités de choisir, mais à celui qui les invite. Nous, nous sommes tous invités au repas du Seigneur par l’eucharistie, au « repas des noces de l’Agneau » selon la nouvelle formule. Nous sommes tous à égalité devant cette invitation car nous sommes tous pécheurs. Nous sommes tous humbles devant ce sacrement qui nous dépasse : accepter le Corps du Christ en nous alors que nous sommes remplis de limites. C’est le Christ justement qui nous fait dépasser nos limites, qui élargit notre cœur. C’est notre humilité qui permet à Jésus de faire en nous de grandes choses. St Paul l’avait compris en disant qu’avec le Christ, « lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort » (2 Co 12,10).
Le deuxième repas, c’est Jésus qui donne des conseils à son auditoire sur la façon d’inviter. Il ne s’agit pas d’inviter ceux qui peuvent nous inviter en retour parce qu’ils en ont les moyens, mais d’inviter au contraire ceux qui ont peu de moyens, ceux qui sont abîmés par la vie, ceux qui ne sont jamais invités.
Ces conseils de Jésus, nous pouvons les prendre pour nous, pour savoir inviter à notre table ceux et celles qui sont seuls (es), pas pour faire de bonnes actions, mais parce que dans le plus petit, c’est peut-être le Seigneur lui-même que nous accueillerons et que nous reconnaîtrons. De belles surprises sont réservées à un accueil large. Ces conseils sont à prendre aussi au niveau de notre Eglise Nous sommes toujours contents d’y retrouver des amis et des proches, des frères et des sœurs de sang à travers le Sang du Christ partagé. Mais notre Eglise doit toujours avoir le souci d’aller plus loin, « à la croisée des chemins » selon l’expression tirée plus loin dans l’évangile. Sachons être invitants, et partager le pain de la Parole, le pain de Vie, le pain de l’amitié avec ceux et celles qui ne nous ressemblent pas mais qui sont nos frères, nos sœurs.
Et Jésus dit que de telles attitudes nous rendent heureux. De même que la première Béatitude, c’est celle de l’humilité : « Heureux les pauvres de cœur (les humbles), car le Royaume des Cieux est à eux ». Soyons des serviteurs du Royaume des Cieux par notre humilité, notre écoute, notre foi qui nous rend heureux et heureuse. D’un bonheur qui doit être contagieux !
P. Jean-Christophe Cabanis
Si 3, 17-18.20.28-29 ; Ps 67 (68), 4-5ac, 6-7ab, 10-11 ; He 12, 18-19.22-24a ; Lc 14, 1.7-14
Merci à l'auteur de cette image

 

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