23ème Dimanche B

On se croirait en Avent avec ce texte d’Isaïe qui annonce Celui qui vient. Celui qui vient déciller les yeux des aveugles et ouvrir les oreilles des sourds. Celui qui fait jaillir l’eau du désert. C’est bien Jésus celui qui était annoncé depuis longtemps. Même si son arrivée va surprendre, en particulier sa naissance dans une crèche.

Jésus est bien celui qui guérit les malades, rend la vue aux aveugles, la parole aux sourds, mais il ne le fait pas de façon spectaculaire. Ses guérisons ne sont pas un spectacle, c’est pour cela que dans l’évangile, il prend cet homme sourd-muet à l’écart. La guérison est personnelle. Jésus prend cet homme à part, pourtant ils ne sont pas seuls parce que Jésus lève les yeux vers son Père. Il ne fait rien sans son Père. Et il fait des gestes précis avec ses doigts dans les oreilles, sa salive sur la langue, on dirait qu’il le recrée. Et puis il lui dit cette parole : « Effata », « ouvre-toi ». Nous avons tous besoin d’une guérison du cœur pour pouvoir mieux nous ouvrir aux autres, mieux aimer. Nous avons tous besoin de mieux entendre pour mieux annoncer. Entendre en premier lieu la Parole de Dieu. Est-ce que nous arrivons à l’intérioriser ou bien est-ce qu’elle glisse sur nous ? Est-ce que nous arrivons bien à écouter ce que veulent nous dire ceux qui s’adressent à nous ? Est-ce que Dieu ne nous parle pas à travers no frères et sœurs, en particulier les plus petits(es) ?Arrivons-nous à vivre cette alternance : à l’écart pour des temps d’intériorité et d’autres moments en relation avec ceux qui nous entourent pour dire des paroles bienveillantes, grâce à la guérison de notre langue par Jésus ? Est-ce que nous acceptons ces cœur à cœur avec Jésus pour qu’il nous apprenne à parler en son nom, à nous ouvrir à son amour pour mieux aimer notre prochain ?

Dans sa lettre, St Jacques insiste sur l’égalité qui doit exister dans les assemblées. Ce sont des assemblées de frères et sœurs, tous égaux dans leur dignité d’enfants de Dieu. Et pourtant, on donne tous les honneurs aux plus riches, et on laisse les pauvres debout, sans aucun égard pour eux. L’assemblée chrétienne ne doit pas ressembler à ce qui se passe à l’extérieur, là où l’argent est roi. Le roi, c’est Jésus, qui annonce le Royaume où les derniers seront les premiers. St Jacques ne dit pas non plus que le Royaume est pour les plus pauvres, il dit qu’il est promis à ceux qui auront aimé Jésus. Le critère n’est pas l’argent, on peut être riche ou pauvre, mais ce qui compte, c’est d’aimer, ce qui compte, c’est d’être riche dans la foi. Continuons à avoir une attention aux plus petits dans la paroisse, à nous laisser enrichir par les plus pauvres. Continuons à être une paroisse ouverte sur la ville et sur le monde, si tous nous entendons cet appel de Jésus qui nous dit : « Effata », « ouvre-toi ». Continuons à avoir un rôle prophétique en participant à une société où ce ne sont pas les plus aisés qui soient les premiers servis mais les plus humbles. Soyons, grâce à notre foi, la source jaillissante dont notre monde a soif, grâce à notre ouverture à l’amour de Dieu : « Effata ».

P.Jean Christophe Cabanis.

 

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