Publié par P. Jean-Christophe Cabanis

Le mot qui revient dans cet évangile, c’est le mot « disciple ». Le disciple est celui ou celle qui écoute Jésus et qui le suit. Et suivre Jésus n’est pas une promenade mais un engagement. Pas un engagement d’une partie de sa vie mais de toute sa vie. Il n’y a pas sa vie de famille d’un côté, sa vie professionnelle d’un autre et sa vie de foi d’un troisième côté. C’est la vie de disciple qui est première, et la famille, tout le reste de notre vie s’ordonne à cet engagement. Cela ne veut pas dire qu’on va moins bien aimer sa famille en préférant Jésus. Au contraire, suivre Jésus c’est aller à la source de l’amour pour mieux aimer les autres. A commencer par mieux aimer les siens, mais plus largement la famille humaine puisque Jésus nous fait élargir notre cœur et nos horizons.

Suivre Jésus, ce n’est pas non plus le suivre de façon aveugle, inconsciente. C’est pour cela que Jésus insiste sur le verbe « s’asseoir » avant de prendre une bonne décision. Il prend l’exemple du bâtisseur et du roi qui doivent s’asseoir avant de voir s’ils peuvent construire une maison ou affronter l’adversaire. Prendre un engagement demande de s’asseoir, de discerner, pour savoir exactement ce que nous demande le Seigneur. L’enthousiasme ne suffit pas, il faut ressentir un appel plus profond. Nous ne sommes pas seuls pour discerner : Le livre de la Sagesse nous rappelle que l’Esprit-Saint est avec nous.

En ce début d’année scolaire, nous pouvons revoir de quelle façon nous sommes disciples dans nos différents engagements. Demandons-nous si nous devons explorer de nouvelles voies ou continuer de creuser le sillon dans lequel nous sommes déjà engagés. Et surtout demandons-nous comment être toujours plus reliés au Christ, à sa Parole. Et avec qui sommes-nous disciples ? Car nous ne sommes pas disciples seuls mais en Eglise.

Jésus insiste aussi sur le renoncement et sur le fait de porter sa croix. Suivre Jésus, s’engager à sa suite, c’est renoncer à un autre chemin, celui de la vie matérielle par exemple. Le matériel est nécessaire mais ne doit pas être un obstacle. Et suivre Jésus comporte des souffrances, des croix. On avance parfois à contre-courant, on n’est pas toujours compris par son entourage, il peut même y avoir des conflits au sein de l’Eglise. Jésus nous aide à porter nos croix, à voir plus loin, par sa résurrection.

Il y a un très bel exemple de disciples dans la lettre de St Paul à Philémon. Il est question de trois disciples ayant des itinéraires complètement différents, mais rassemblés par la même foi, en fraternité. Nous connaissons St Paul : Pas seulement un disciple mais un apôtre, un missionnaire, fondateur de communautés. Lorsqu’il partage sa foi, ceux et celles qui se convertissent deviennent des frères et des sœurs, quelque que soit leur condition sociale. Il écrit depuis la prison, il sait ce que veut dire porter sa croix. Il écrit à Philémon, converti aussi, qui doit être d’un rang social assez élevé. Et il lui écrit au sujet d’Onésime qu’il a pris sous sa protection, qui est comme son enfant parce qu’il l’a fait naître à la foi. Onésime est un esclave, mais aux yeux de St Paul il est libre, il est un enfant de Dieu, il est un frère.

Que notre vie de disciple nous aide aussi à nous tourner vers les plus petits de la société, les esclaves d’aujourd’hui, à les rejoindre dans la foi, à les aider à se sentir libres, libérés, et peut-être à prendre exemple sur eux, sur elles, parce qu’ils (elles) sont peut-être plus avancés que nous sur le chemin de la foi. Que notre vie de disciples nous engage à la suite de Jésus et fasse de nous des chrétiens engagés pour plus de justice et de fraternité, pour pouvoir tenir les mêmes propos que St Paul à propos de personnes en difficulté, comme les migrants par exemple : « Accueille-le comme si c’était moi ».

P. J.C. Cabanis

Sg 9, 13-18 ; Ps 89 (90), 3-4, 5-6, 12-13, 14.17abc ; Phm 9b-10.12-17 ; Lc 14, 25-33

Merci à l'auteur de cette photo

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article