25ème Dimanche B

Il est difficile à Jésus de faire passer ce message à ses apôtres. Il leur annonce sa mort et sa résurrection pour la deuxième fois mais ils ne comprennent pas. Ca n’entre pas dans leurs représentations. Pour eux, Jésus est bien le Christ annoncé, Pierre l’a affirmé, c’était l’évangile de dimanche dernier, mais ils ne s’imaginent pas du tout un Christ souffrant. C’est plutôt un Christ triomphant dont ils se disputent déjà les places à sa droite et à sa gauche pour être les premiers ou les plus grands.

Jésus est patient avec eux, il n’hausse pas le ton, il se place sur un autre registre en disant que le premier, c’est celui qui est le serviteur de tous. Et le premier, c’est bien Jésus qui est la dès l’origine, qui sera le premier-né d’entre les morts après sa résurrection. Il est le premier à s’être fait serviteur des hommes par toute sa vie terrestre et en particulier lors du lavement des pieds la veille de sa Passion.

Jésus insiste sur le service, il insiste aussi sur l’accueil, et en particulier l’accueil des enfants. Il place au centre celui qui se tient devant lui, il l’embrasse. Quand on accueille quelqu’un, il doit y avoir la dimension d’amour ou d’amitié.

Et à travers l’enfant, c’est Jésus qui est accueilli. Là aussi c’est quelque chose qui est nouveau, qui renverse un peu les idées : lorsqu’on accueille un plus petit, c’est Jésus qu’on accueille. Cela nous fait voir les autres autrement : l’accueil semble être un effort alors que c’est un cadeau qu’on reçoit, Dieu qui vient nous visiter. Etre accueillant c’est accepter d’être visités par Jésus. Nous sommes invités alors à vivre le service comme un mode de vie, et à vivre l’accueil comme un chemin dans notre foi. Avec la place centrale des enfants dans nos familles, car accueillir un enfant, c’est accueillir la vie de Dieu. La place centrale des enfants aussi dans l’Eglise, et encore dans le monde. Il y a beaucoup de pays où les enfants sont en souffrance à cause de troubles, de guerres : Jésus est avec eux. Si nous cherchons Jésus, il est dans les périphéries comme nous le rappelle le pape François, ou bien dans les crèches, comme celle de Bethléem où il est né, lieu de pauvreté mais aussi d’amour.

Nous croyons en un Dieu qui renverse nos valeurs : Les derniers sont les premiers. Les petits et les enfants sont les plus grands. Les serviteurs sont les amis. Vivons ce renversement que Dieu nous propose, qui passe par la conversion, la conversion de notre cœur, la conversion écologique, la conversion intégrale.

St Jacques nous explique aussi ce renversement dans la lettre que nous avons entendue en deuxième lecture : nos désirs, s’ils ne sont que terrestres, sont souvent égoïstes et conduisent à des conflits ou à des guerres. Alors que si nous accueillons la sagesse qui vient d’en haut, nos vies sont fécondes et participent à la paix.

Notre monde nous inquiète à cause de ses conflits, de ses dérèglements de tous ordres qui ont des conséquences dramatiques. Dieu est là, il vient nous visiter à travers Jésus ressuscité, bien vivant. Avec lui, vivons le service, l’accueil, laissons la première place aux enfants. Et nous qui sommes tous des enfants de Dieu, sachons nous accueillir, sachons voir en l’autre la trace de Dieu, nous qui sommes tous créés à l’image et à la ressemblance de Dieu, nous qui sommes sauvés.

P. Jean-Christophe Cabanis

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