26ème Dimanche B

Il y a une belle continuité entre ces textes, même avec plusieurs siècles d’écart. Au désert, Moïse mène le peuple de Dieu, c’est lui qui a fait sortir le peuple d’Egypte, qui a reçu les 10 commandements. Il trouve que sa charge est lourde et il s’entoure de 70 anciens, chacun recevant une part de son esprit. Et en plus de ces 70, il y en a deux qui prophétisent parce que l’esprit de Dieu les a aussi rejoints. L’Esprit de Dieu n’a pas de frontières et les prophètes, ceux qui disent des vérités, ne sont pas toujours ceux qui sont établis pour cela. Dans l’évangile, les 12 n’ont pas non plus le monopole de l’action que Jésus peut mener à travers les hommes. Quelqu’un expulse les démons au nom de Jésus sans être dans ceux que Jésus a choisis et envoyés. Mais son esprit là aussi dépasse les frontières.

Prophétiser et chasser les démons, c’est ce que nous sommes invités à vivre, même si cela nous dépasse. Mais c’est Jésus qui agit à travers nous. Les démons, c’est ce qui empêche de vivre, ce qui ne laisse pas en paix, ce qui fait souffrir sans remède. Jésus chasse les démons par son amour, par ses paroles bienveillantes, par son écoute. C’est cette attitude de compassion que nous devons avoir pour pouvoir faire du bien, avoir du pouvoir sur le mal, au nom de Jésus.

Nous sommes aussi des prophètes de par notre baptême. La Parole de Dieu nous invite à dire la vérité, à annoncer la Bonne Nouvelle d’un Dieu qui nous aime, à dénoncer les injustices. Mais nous ne sommes pas les seuls, en tant que chrétiens. Moïse et Jésus invitent à unir toutes les forces qui vont dans le même sens, celle de faire du bien et de chasser le mal. Soyons attentifs à ce qui se vit en dehors de l’Eglise, où l’Esprit de Dieu souffle aussi.

Le verre d’eau dont parle Jésus, qui est un petit geste mais qui peut sauver, ce symbole du verre d’eau est universel, nous en connaissons la portée, nous qui sommes baptisés avec l’eau qui représente l’Esprit-Saint : la solidarité et la compassion sont universelles.

La suite de l’évangile est radicale. Jésus exagère lorsqu’il de couper sa main ou d’arracher son œil s’ils sont une occasion de chute. Mais nous savons que ce sont des paroles qui nous invitent à la conversion. Si nous avons des tentations, nous devons prendre des décisions pour nous en écarter. Ces tentations nous poussent à l’égoïsme, à tout centrer sur nous-mêmes, à prendre au lieu de donner, à convoiter au lieu de contempler. Alors que nos mains ne sont pas faites pour prendre, pour accaparer, mais la main doit être tendue, c’est celle de l’accueil et du partage. Les pieds ne servent pas à la violence, aux coups de pieds, mais à aller vers les autres dans une démarche fraternelle. Les yeux sont là pour contempler et pour voir en l’autre ce qu’il (elle) a de meilleur et de plus beau, mais pas pour l’accaparer.

St Jacques aussi est radical. Il s’en prend aux plus riches, à ceux qui établissent leurs richesses au détriment des plus pauvres. St Jacques dénonce l’injustice et la violence de ceux qui s’accaparent les richesses destinées à tous. Il parle comme un prophète.

La richesse qui nous intéresse, c’est celle du cœur. C’est le Royaume de Dieu dont nous sommes les serviteurs et les servantes. Ce Royaume dépasse nos frontières. « Qui n’est pas contre nous est pour nous » dit Jésus. Sachons rejoindre tous les acteurs du Royaume, même ceux qui n’en ont pas connaissance. Soyons tous un peuple de prophètes.

Père Jean-Christophe Cabanis

Nb 11, 25-29 ; Ps 18 (19), 8, 10, 12-13, 14 ; Jc 5, 1-6 ; Mc 9, 38-43.45.47-48

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