29ème Dimanche B - Nous sommes des missionnaires porteurs d’une Bonne Nouvelle, nous ne pouvons pas nous taire !

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Jacques et Jean demandent à Jésus d’être à sa droite et à sa gauche dans sa gloire. Les dix autres apôtres sont indignés, on les comprend parce qu’il ne doit pas y avoir de hiérarchie entre eux. Jésus ne se fâche pas mais il leur fait changer de registre. Il ne s’agit pas de viser des places d’honneur, mais d’avoir une attitude de service, quitte à viser la dernière place ! Il emploie même un mot très fort, celui d’esclave, c’est-à-dire celui qui sert sans reconnaissance. Et Jésus lui-même a pris cette tenue de serviteur ou d’esclave quand il a lavé les pieds de ses apôtres le soir du Jeudi Saint. Et il a donné la consigne du service à ses apôtres, à son Eglise, à nous-mêmes. Nous sommes les rois et les reines de son Royaume dans la mesure où nous sommes au service de nos frères et de nos sœurs, au service d’un monde de justice et de paix.

Après le Jeudi Saint, il y aura l’arrestation de Jésus juste après sa prière à Gethsémani où il suppliera son Père : « Eloigne de moi cette coupe ». Et un peu plus loin : « Cependant, non pas ma volonté, mais ta volonté ». Jésus demande à Jacques et Jean s’ils sont prêts à boire cette coupe. C’est cette coupe de la souffrance à laquelle il pense. La coupe de son sang versé pour la multitude. Jacques et Jean acceptent sans savoir ce qui les attend. Et c’est vrai que Jacques sera parmi les premiers martyrs.

Jésus va verser son sang sur la croix. Et sur cette croix, St Marc dit dans son évangile qu’à sa droite et à sa gauche, il y avait deux brigands. Il y a un clin d’œil de l’évangéliste pour dire que les places d’honneur près de Jésus ne sont peut-être pas celles que l’on pense, ce sont peut-être les places d’horreur. Qui conduisent au paradis comme nous dit St Luc en parlant du bon larron.

On comprend que les dix autres apôtres sont indignés. Pour suivre Jésus, il ne faut pas se distinguer des autres, il faut faire corps. Ce qui compte, c’est la fraternité, et non la hiérarchie. Le synode que lance le pape sur la synodalité, c'est-à-dire qu’il veut que tout le monde marche ensemble, ce synode veut empêcher que l’Eglise soit trop pyramidale, hiérarchique. Parce que sinon, cela conduit à des abus. Des abus de pouvoir et des abus physiques comme l’a rapporté la commission Ciase qui a rendu des chiffres si effrayants. La coupe de la souffrance que Jésus a bue et que les apôtres vont boire à travers les persécutions, cette coupe de la souffrance, ce n’est pas à l’Eglise de la faire boire à ses propres enfants ! Le comble de l’Eglise, c’est de faire elle-même du mal alors qu’elle doit porter au monde une coupe de joie et de délivrance, celle que Jésus ressuscité remplit de son amour. Jésus transforme la coupe de la souffrance en celle de son amour plein de miséricorde.

Notre Eglise doit réfléchir à son fonctionnement grâce à la contribution de tous, pour qu’elle continue pleinement son rôle de servante de Dieu comme Marie, pour apporter au monde la coupe de la bénédiction de Dieu, la coupe de son amour et de sa joie.

Nous qui sommes baptisés, Jésus nous demande comme à Jacques et Jean si nous voulons être baptisés dans le baptême dans lequel il va être plongé. C’est-à-dire dans sa mort et sa résurrection. Nous voulons rejoindre les souffrances d’aujourd’hui par notre service et notre lumière venue de notre foi. Nous voulons porter cette lumière de Jésus vivant, de l’amour plus fort que la mort dans notre monde d’aujourd’hui qui connait des zones d’ombre. Nous sommes des disciples, attachés à la Parole de Dieu, à la personne du Christ qui nous apprend à aimer. Nous sommes des missionnaires porteurs d’une Bonne Nouvelle, nous ne pouvons pas nous taire !

Père Jean-Christophe Cabanis
Is 53, 10-11 ; Ps 32 (33), 4-5, 18-19, 20.22 ; He 4, 14-16 ; Mc 10, 35-45
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