2ème Dimanche Avent C

Nous retrouvons Jean-Baptiste qui vient dans sa simplicité, au désert ou près du Jourdain, après la liste des rois, des gouverneurs et des grands prêtres de l’époque. Jean-Baptiste n’a pas de titre de gloire, il n’a pas de signe de richesse, au contraire ce qui le caractérise c’est son dépouillement. On ne s’arrête pas à lui, il est là pour désigner Celui qui vient après lui, qui est plus grand que lui, qui sera le roi d’un Royaume qui n’est pas de ce monde.

Jean-Baptiste est là pour redire les paroles d’Isaïe et de Baruch : il faut préparer les chemins du Seigneur, rendre droits ses sentiers, combler les ravins, rabaisser les montagnes orgueilleuses. Toutes ces images nous parlent. C’est bien, chaque année en cette période d’Avent, de faire un point sur nous-mêmes, de nous préparer de manière intérieure à accueillir Celui qui vient habiter parmi nous, qui vient partager notre existence en se faisant homme, en commençant par se faire enfant, Jésus, l’enfant de la crèche.

La préparation elle est personnelle mais elle est aussi ensemble, en Eglise. La démarche synodale qui est entreprise dans l’Eglise universelle, dans le diocèse, dans la paroisse, elle permet de préparer ensemble la venue du Sauveur que nous avons à annoncer au monde. A rectifier nos sentiers ou nos habitudes si elles ne sont pas droites, s’il y a des passages tortueux.

La fin du passage de l’évangile d’aujourd’hui est très belle : « Tout être vivant verra le salut de Dieu ». Notre démarche de préparation elle n’est pas que pour nous-mêmes. Elle est pour que tout être vivant voie le salut de Dieu. Notre préparation intérieure est très missionnaire. Jésus est venu pour tous les hommes (pas que pour les chrétiens), il est venu ramener vers son Père tous ceux qui sont dispersés, exilés, comme nous l’indique Baruch, tous ceux qui étaient en souffrance, et nous avons tous besoin d’être sauvés.

Cette dimension communautaire, St Paul la souligne dans sa lettre aux Philippiens. Philippes est peut-être la communauté qui lui procure le plus de joie. Il a eu des différends à Corinthe ou ailleurs, mais à Philippes, la communauté est très chaleureuse et très joyeuse, très missionnaire. St Paul fait le lien entre la connaissance du Christ qui les illumine, l’amour communautaire qu’ils partagent et le discernement que leur foi et leur joie leur permettent pour faire les meilleurs choix et être toujours plus purs.

Pour en revenir à Jean-Baptiste, il apparait encore une fois dépouillé, humble par rapport à la richesse des rois, gouverneurs et grands prêtres qui sont figés alors que Jean-Baptiste est toujours en mouvement : il parcourt toute la région du Jourdain, sûr de sa mission. Il nous dit quelque chose de l’Eglise qui doit être la plus prophétique aujourd’hui, celle que le synode peut favoriser. Une Eglise sobre et qui promeut la conversion écologique au service de la Création. Une Eglise en mouvement, qui va vers ceux qui sont le plus loin, les plus défavorisés ou blessés, ceux qui croient différemment de nous. Une Eglise en dialogue avec la société, avec les autres religions, une Eglise qui donne la parole, qui partage les responsabilités. Une Eglise au service de l’humanité à l’image de Jésus serviteur. Que notre synode, que notre temps de l’Avent soient lumineux, pour nous-mêmes et pour tous ceux à qui nous voulons transmettre la lumière, l’étoile d’un Dieu qui est venu partager notre condition humaine à Noël et nous apprendre à aimer.

P. Jean-Christophe Cabanis

Ba 5, 1-9 ; Ps 125, 3 ; Ph 1, 4-6.8-11 ; Lc 3, 1-6

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